Viganò révèle des détails – y compris des noms – sur le lobby homosexuel au Vatican

LIFESITENEWS – Par Mgr Carlo Maria Viganò

Dans mon récent essai pour la Conférence sur l’identité catholique à Pittsburgh, j’ai parlé de l’éclipse qui obscurcit l’Église du Christ, en lui superposant une anti-église d’hérétiques, d’hommes corrompus et de fornicateurs. Les catholiques savent que l’Église doit marcher sur les traces de son chef, Jésus-Christ, sur le chemin de sa passion et de sa croix, et que la fin des temps sera marquée par une grande apostasie qui frappera le Corps ecclésial jusqu’à ses plus hauts niveaux. Ainsi, tout comme sur le Golgotha le Sanhédrin pensait avoir vaincu Notre Seigneur en le faisant condamner à mort par Ponce Pilate, aujourd’hui le Sanhédrin du Vatican croit pouvoir renverser l’Église en la livrant aux mains de la tyrannie antichrétienne mondialiste.

Nous devons donc évaluer ce qui se passe aujourd’hui avec un regard surnaturel, à la lumière de la bataille que l’élite mondiale mène contre la civilisation chrétienne. L’attaque initialement lancée de l’extérieur contre le monolithe catholique a évolué, à partir du Concile Vatican II, en une action d’infiltration généralisée par le biais de l’État profond dans la société civile et de l’Église profonde dans la sphère religieuse. L’ennemi a réussi à pénétrer à l’intérieur tant de l’État que de l’Église, afin de s’élever au plus haut niveau, en construisant un réseau de complicité et de connivence qui lie tous ses membres par le biais du chantage, les ayant choisis précisément en raison de leur corruptibilité. Ce n’est pas un hasard si des fonctionnaires honnêtes sont systématiquement entravés, marginalisés et font l’objet d’attaques.

Ces dernières semaines, la presse a fait état de la nouvelle du énième scandale financier du Vatican, à la suite duquel Jorge Mario Bergoglio a démis Giovanni Angelo Becciu de ses fonctions officielles et l’a privé des prérogatives des cardinaux. Ceux qui pensent que cette révocation servira à contrer la corruption de la Curie romaine seront troublés d’apprendre que la personne qui l’a remplacé dans sa fonction de suppléant, Edgar Peña Parra, qui devrait s’employer à guérir la mauvaise gestion et les intrigues désastreuses de Becciu et d’autres, est en fait encore plus soumise au chantage que son prédécesseur. Ce chantage est la condition indispensable pour pouvoir être manipulé par celui qui, tout en se présentant comme un réformateur de la Curie et le punisseur d’un cléricalisme vaguement défini, est en fait entouré de personnes corrompues et immorales, les promouvant et dissimulant les enquêtes qui les concernent.

Lorsqu’il arrive à Rome en 2018, appelé par Bergoglio pour occuper le poste de suppléant à la Secrétairerie d’État à la place d’Angelo Becciu, l’archevêque vénézuélien fait déjà “parler de lui”. Un rapport le concernant faisait état de sa conduite immorale : lorsque j’étais délégué pour les représentations papales, des informations inquiétantes m’étaient déjà parvenues au sujet de Mgr Peña Parra, et j’ai rapidement transmis ces informations à Mgr Leonardo Sandri, alors suppléant. J’en ai parlé publiquement dans mon interview du 2 mai 2019 au Washington Post, mais le journal a choisi d’omettre les sections concernant la Peña Parra. Puisque les dossiers compromettants semblent destinés à ne pas être consultés au Vatican, essayons de mieux comprendre le curriculum vitae qui a conduit Mgr Peña Parra à la Secrétairerie d’État.

Le jeune Edgar Peña Parra, à la veille de son ordination sacerdotale, avait déjà été signalé comme homosexuel notoire, au point qu’en février 1985, l’archevêque Roa Pérez a déclaré au recteur du séminaire, Leon Cardenas, qu’il nourrissait depuis quelque temps des doutes sur le candidat et qu’il venait de recevoir des rapports de cette nature, en plus d’avoir appris qu’il avait été expulsé du séminaire de San Tommaso d’Aquino en troisième année de formation. Selon le directeur spirituel du séminaire, le père Leyre, la nouvelle de cette expulsion avait été cachée par un autre prêtre, Don Roberto Lückert Leon, qui avait falsifié le rapport. Entre-temps, Lückert Leon est devenu l’archevêque de Coro (aujourd’hui émérite) et le puissant président de la commission des communications sociales de la conférence épiscopale vénézuélienne. Les rapports envoyés au supérieur de la Peña Parra n’ont pas empêché qu’il soit ordonné prêtre le 23 août 1985, puis envoyé à l’Académie ecclésiastique pontificale, où sont formés les futurs diplomates du Saint-Siège.

Le 24 septembre 1990, la Peña Parra a été accusée d’avoir séduit deux petits séminaristes de la paroisse de San Pablo, qui devaient entrer au grand séminaire de Maracaibo la même année. L’événement a eu lieu dans l’église de la Madonna del Rosario, où le révérend José Severeyn était le curé de la paroisse. La Peña Parra a été dénoncée à la police par les parents des deux jeunes hommes et a été examinée par le recteur du Grand Séminaire, le révérend Enrique Pérez, et par le directeur spirituel, le révérend Emilio Melchor. Le révérend Enrique Pérez, l’ancien recteur du Grand Séminaire, a confirmé cet épisode par écrit.

En août 1992, alors qu’il était étudiant à l’Académie ecclésiastique pontificale, Edgar Peña Parra a été impliqué, avec le même José Severeyn, dans la mort de deux personnes : un médecin et un certain Jairo Pérez, qui ont été tués par une décharge électrique sur l’île de San Carlos, dans le lac Maracaibo. Le dossier ajoute le détail que les corps ont été retrouvés nus, victimes de pratiques homosexuelles macabres. Severeyn a ensuite été retiré de sa paroisse par l’archevêque de l’époque, Mgr Roa Pérez, et a été nommé chancelier de l’archidiocèse, se trouvant ainsi dans une position où il pouvait détruire ou falsifier les documents relatifs à ces affaires.

En janvier 2000, le journaliste de Maracaibo, Gastón Guisandes López, a porté de graves accusations contre plusieurs prêtres homosexuels du diocèse de Maracaibo, dont Peña Parra. En 2001, Gastón Guisandes López a demandé à deux reprises à rencontrer le nonce apostolique au Venezuela, Mgr André Dupuy, mais celui-ci a refusé de le recevoir. L’année suivante, il a cependant rapporté au Secrétariat d’État ces épisodes scandaleux impliquant Edgar Peña Parra.

La documentation pertinente se trouve donc dans les archives de la nonciature au Venezuela où, à partir de cette date, les nonces successifs ont été les archevêques Giacinto Berloco (2005-2009), Pietro Parolin (2009-2013) et le nonce actuel, Aldo Giordano. Ces hommes disposaient des documents relatifs à ces accusations contre le futur suppléant, et les secrétaires d’État, les cardinaux Tarcisio Bertone et Pietro Parolin, les connaissaient également, ainsi que les suppléants Leonardo Sandri, Fernando Filoni et Giovanni Angelo Becciu[1].

Malgré les dossiers envoyés à la Secrétairerie d’État, de 2003 à 2007, Peña Parra a été fonctionnaire à la nonciature de Tegucigalpa : c’est l’origine de sa relation avec le cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga et avec Mgr Juan José Pineda, qui a été consacré évêque en 2005, lorsque Peña Parra était au Honduras.

M. Maradiaga est connu dans les médias pour ses scandales financiers, notamment pour avoir escroqué Martha Alegria Reichmann, la veuve de l’ancien ambassadeur du Honduras auprès du Saint-Siège. Le cardinal est l’un des principaux conseillers de Bergoglio ; il est une figure clé du Conseil des cardinaux chargé de la réforme de la Curie et de l’Église, et il a joué un rôle décisif (avec McCarrick) dans d’importantes nominations comme celle du cardinal Blase Cupich à Chicago et du nouveau suppléant de la Secrétairerie d’État, l’archevêque Peña Parra. Je rappelle en outre qu’en avril 2015, les “Fondations Open Society” de George Soros ont donné 650 000 dollars à deux organisations catholiques progressistes, PICO et FPL, afin “d’influencer les évêques à titre individuel pour qu’ils fassent entendre publiquement leur voix en faveur des messages de justice économique et raciale, dans le but de commencer à créer une masse critique d’évêques alignés sur le pape”. Le cardinal Maradiaga, dans ses relations avec le PICO, n’était pas étranger à ce genre d’ingérence du soi-disant philanthrope dans la politique américaine, avec la complicité de la partie pro-bergoglienne de l’épiscopat.

Les deux organisations bénéficiaires de ces paiements ont été choisies – comme l’expliquent les documents – parce qu’elles sont impliquées dans des projets à long terme qui ont pour but de changer “les priorités de l’Église catholique aux États-Unis”. La visite du pape aux États-Unis [en 2015] a été une grande opportunité et la fondation Soros a explicitement voulu utiliser les bonnes relations entre le PICO et le cardinal hondurien Oscar Rodriguez Maradiaga, l’un des plus proches conseillers du pape François, pour “engager” le pontife sur les thèmes de la justice sociale et aussi pour avoir la possibilité d’envoyer une délégation au Vatican avant la visite de septembre 2015 afin de faire entendre directement la voix des catholiques les plus pauvres d’Amérique.

Quant à Pineda, il a été accusé de transactions financières illicites et de harcèlement et abus sexuels, ainsi que d’avoir cultivé un réseau de relations avec des homosexuels (y compris des prostituées) au Honduras et à l’étranger, auxquels il aurait également donné des appartements, des voitures, des motos et des voyages, en utilisant des fonds diocésains. Il est également accusé d’avoir défendu et couvert d’autres cas d’abus commis par des ecclésiastiques. Le 28 mai 2017, un groupe de 48 séminaristes a dénoncé un modèle de pratique homosexuelle répandu et profondément enraciné, se plaignant des agressions de Pineda. Il va sans dire que le cardinal Maradiaga n’a pas voulu donner de poids à ces accusations, malgré le suicide d’un séminariste de Santa Rosa de Copán, survenu après qu’il ait découvert que son amant au séminaire avait entamé une autre relation. Et pas seulement cela : il faut aussi rappeler qu’en décembre 2017, Maradiaga a confié la gouvernance de l’archidiocèse à Pineda pendant son absence prolongée du diocèse, et en outre que la majorité des rencontres sexuelles de son évêque auxiliaire ont eu lieu à Villa Iris, la résidence du cardinal.

La même année, en 2017, Pineda est démis de ses fonctions d’évêque auxiliaire de Maradiaga, sans donner de raison aux fidèles de Tegucigalpa. Le visiteur apostolique Mgr Alcides Casaretto a donné à Bergoglio un rapport substantiel sur lui, ainsi que les accusations d’un groupe de catholiques scandalisés par le silence du Saint-Siège.

De 1993 à 1997, Peña Parra a été envoyée en mission diplomatique à la nonciature au Kenya. En 1995, il est devenu Monseigneur, en 1999 il a été envoyé à Genève en tant que membre de la Représentation pontificale auprès des Nations Unies. En 2002, il a été nommé membre de la nonciature au Honduras, et en 2006, il a été envoyé à la nonciature au Mexique. En 2011, il a reçu la consécration épiscopale et a été nommé nonce au Pakistan, puis en 2015 au Mozambique. Le 15 octobre 2018, Bergoglio le nomme suppléant à la Secrétairerie d’État, sur recommandation du cardinal Maradiaga.

Emiliano Fittipaldi à Domani rappelle que la Peña Parra, selon les documents des magistrats du Saint-Siège, aurait joué un rôle clé de 2018 à 2019 dans plusieurs décisions financières qui ont fait perdre plus de 100 millions d’euros aux caisses du Vatican. Les magistrats parlent également de négociations secrètes entreprises par le Substitut vénézuélien. Ce serait Peña Parra lui-même, l’un des hommes les plus puissants du Vatican et personnellement choisi par Bergoglio, qui aurait “ouvert la porte du poulailler aux renards voraces” – pour reprendre une expression de Fittipaldi.

Le comportement et la responsabilité du secrétaire d’État, le cardinal Parolin, semblent particulièrement inquiétants et graves. Non seulement il ne s’est pas opposé à la nomination de Peña Parra en tant que suppléante – c’est-à-dire pour être son principal collaborateur – mais, même avant cela, il ne s’est pas opposé à sa nomination comme archevêque et nonce apostolique en janvier 2011, alors que Parolin était nonce à Caracas. Avant une nomination aussi importante, un processus rigoureux de collecte d’informations est mené afin de vérifier l’aptitude d’un candidat. Mais ce qui est encore plus troublant, c’est le fait que Bergoglio ait choisi un collaborateur accusé de crimes aussi graves pour un rôle aussi important dans l’Église.

Les récentes déclarations de Bergoglio sur les unions civiles homosexuelles, le nombre impressionnant de prélats homosexuels avec lesquels il s’est entouré même dans sa résidence de Santa Marta, à commencer par son secrétaire personnel Mgr. Fabian Pedacchio, son secrétaire personnel, qui a été soudainement démis de ses fonctions et s’est volatilisé ; et les scandales qui éclatent quotidiennement au sujet du lobby homosexuel au Vatican : tous ces éléments suggèrent que l’Argentine veut légitimer l’idéologie LGBTQ non seulement pour soutenir l’agenda mondialiste et démolir les principes immuables de la morale catholique, mais aussi pour dépénaliser les crimes et les abus de ses collaborateurs, en protégeant le cercle magique qui implique Maradiaga, Pineda, Peña Parra, Zanchetta, et toute la mafia de la lavande du Vatican.

Je me demande si Bergoglio lui-même, qui était inconnu de beaucoup de gens jusqu’au 13 mars 2013, ne fait pas l’objet d’un chantage de la part de ceux qui bénéficient en toute impunité de sa clémence. Cela expliquerait le motif qui pousse celui qui siège sur le Trône à s’emporter avec tant d’impitoyabilité contre l’Église du Christ, tout en montrant le plus grand respect pour les personnes notoirement corrompues, perverties et presque toujours impliquées dans des scandales sexuels et financiers. L’alternative – dont la plausibilité est étayée par des éléments inquiétants qui continuent d’être rassemblés chaque jour – est que le choix de Bergoglio de s’entourer de personnes livrées au vice, qui sont donc soumises au chantage, est délibéré, et que le but ultime qu’il poursuit consiste à démolir l’Église catholique, en la remplaçant par une sorte d’ONG philanthropique et œcuménique soumise à l’élite mondialiste. Face à cette trahison de la part de celui qui détient la papauté, tout effort de transparence et de clarté, pour être efficace, ne peut exclure celui qui depuis plus de sept ans proclame par ses paroles vouloir assainir le Vatican et l’Eglise.

+ Carlo Maria Vigano, archevêque

2 novembre 2020
In Commemoratione Omnium Fidelium Defunctoru

[1] A noter que Sandri a été créé cardinal en 2007, Filoni en 2012, et Becciu en 2018.

[2] https://lanuovabq.it/it/maradiaga-i-soldi-e-lamico-abusatore-coperto