O Chrétiens séparés, revenez vite chez votre mère!

1P5 – Nishant Xavier

En octobre 1917, à la stupéfaction générale des marxistes et des laïcs, à une date annoncée, 70 000 témoins oculaires ont vu le miracle surnaturel du Soleil. La Vierge Immaculée a prédit la montée et la chute de la secte diabolique du communisme athée et les terribles persécutions qu’elle susciterait contre la chrétienté et l’Église, prophéties qui étourdissent encore les historiens séculiers par leur exactitude. Plusieurs décennies plus tard, Bella Dodd, ancienne ouvrière du parti communiste, témoignait : “Dans les années 1930, nous avons mis onze cents hommes dans le sacerdoce afin de détruire l’Église de l’intérieur”. En 1950, elle a averti : “Ils sont aux plus hauts lieux de l’Église.” Mme Dodd n’était pas une prophétesse, mais elle pouvait prédire que les changements qu’ils apporteraient seraient si radicaux que “vous ne reconnaîtrez pas l’Église catholique”. Les dernières décennies montrent combien les avertissements de la Reine des Prophètes à notre Église étaient vrais. Continuer la lecture de « O Chrétiens séparés, revenez vite chez votre mère! »

ET LA GNOSE PERDIT LE MOINE

Theobald Beer rompt un long silence et nous fait découvrir le visage caché du père de la Réforme: celui d’un gnostique qui détestait saint Augustin.

LUTHER ? DES DÉLIRES MANICHÉENS

En décembre 1525 Luther écrit à Érasme de Rotterdam. Il le remercie de « ne pas l’avoir ennuyé avec des questions dilatoires, comme la papauté, le purgatoire, les indulgences ou autres blagues avec lesquelles presque tout le monde a tenté de me duper. Toi seul as bien vu le point crucial ». Ce point mystérieux qui a bouleversé l’histoire de l’Église est resté  à Innsbruck jusqu’à aujourd’hui. Theobald Beer l’a découvert. Âgé de 90 ans, il a fait ses études à Groningue, à Paris, à Innsbruck. Jusqu’en 1974, il a été prêtre à Leipzig, en Allemagne de l’Est. Il a aussi été ouvrier. Aujourd’hui, Beer vit seul à Ratisbonne, en Bavière. Trois petites pièces envahies de livres. Hans  Urs von Balthasar l’a défini  comme « le meilleur connaisseur de Luther de notre époque». C’est du reste von Balthasar qui a publié, à sa maison d’édition Johannes Verlag, l’ouvrage de Beer intitulé «Der fröhliche Wechsel und Streit» (584 pages très denses). Il s’agit d’un livre révolutionnaire, qui est le fruit de 35 années d’étude. Au début du siècle, on découvrit des milliers d’annotations autographes de Luther, datant des années 1509-1516, dans la marge d’oeuvres de saint Augustin, Pierre Lombard, etc. Ainsi que les Disputes des années 1535-1545. Beer est le premier à les avoir étudiées: ces annotations mettent en relief un Luther tout a fait inédit, anti-augustinien et, surtout, influencé par de très fortes suggestions gnostiques qui proviennent principalement comme le démontre Beer de l’ouvrage du Pseudo Hermès Trismégiste, le Livre des 24 philosophes. A l’époque helléniste (IIIe S. av. J.-C.), un corpus d’ouvrages au contenu occultiste et astrologique qui se voulaient révélés par le dieu Hermès (Mercure) «trois fois très grand» (trismégiste) commença à circuler sous le nom de Hermès Trismégiste. Ce corpus, pour le moins ce qui en était resté, fut édité en 1471 par l’humaniste Marsilio Ficino et remporta un grand succès dans les milieux érudits du XVIe siècle. Le cardinal Joseph Ratzinger a écrit à Beer: «Je trouve votre travail vraiment stimulant. L’influence du néo-platonisme, de la littérature pseudo-hermétique et de la gnose, dont vous prouvez l’importance chez Luther, fait voir sa polémique contre la philosophie grecque et contre la Scolastique sous un éclairage tout à fait neuf. Nouvelle et importante est aussi la façon dont vous approfondissez la différence jusqu’au point central de la christologie et de la doctrine de la Trinité ». Mais l’ouvrage de Beer pourtant accueilli avec respect par les protestants a subi les anathèmes des «spécialistes» catholiques de Luther. L’hégémonie exercée par l’école de Lortz, Malins, lserloh, Pesch, est totale. Cela explique sans doute pourquoi le livre de Beer, paru en édition complète en 1980, est aujourd’hui encore inconnu a l’étranger. Souvent même, il n’apparaît pas dans les bibliographies. 30 jours brise cette conspiration du silence : nous avons demandé à Theobald Beer de nous parler de ce Luther méconnu.

Vous soutenez que dès le départ le vrai Luther a été censuré et édulcoré ?

THEOBALD BEER: Le premier à avoir «refoulé» le vrai Luther est Mélanchthon. Oui, Mélanchthon,  le  Proeceptor  Gerrnaniae,  le  divulgateur  et  l’avocat  de  Luther.  C’est pourquoi ce qu’on appelle «luthéranisme» est en réalité la pensée de Mélanchthon. Lui qui lança contre Luther, après la mort de celui-ci, cette accusation terrible : « Délire manichéen! »