La fécondation artificielle est à réprouver sans appel

Discours de Pie XII aux médecins, le 29 septembre 1949 :

Votre présence autour de Nous, chers fils et chères filles, porte avec elle une signification profonde, qui Nous cause une grande joie. Le fait de représenter ici trente nations différentes, alors que les fossés creusés par les années d’avant-guerre sont encore loin d’être comblés ; le fait de venir Nous dire les hautes pensées qui président à vos échanges de vues, dans le domaine médical ; le fait, enfin, d’exercer dans ce domaine, mieux qu’une simple profession, un véritable et excellent ministère de charité : tout cela est bien de nature à vous assurer de Notre part le plus paternel accueil. Vous attendez de Nous, avec Notre bénédiction, quelques conseils touchant vos devoirs. Nous Nous contenterons de vous communiquer de brèves réflexions sur les obligations que vous imposent les progrès de la médecine, la beauté et la grandeur de son exercice, ses rapports avec la morale naturelle et chrétienne. Continuer la lecture de « La fécondation artificielle est à réprouver sans appel »

UN THÉOLOGIEN DU SYNODE D’AMAZON POUSSE L’IDÉOLOGIE DE GAUCHE

L’ex-prêtre Leonardo Boff promeut la théologie de la libération, le néo-paganisme

par Stephen Wynne  • ChurchMilitant.com

Deux mois après la publication du document de travail du Synode de l’Amazonie, le point de vue néopaïen d’un de ses principaux architectes se précise.

L’ex-prêtre brésilien Leonardo Boff a été identifié comme le théologien de référence pour l’Instrumentum Laboris du synode.

Nous avons dépassé les limites de la Terre ; elle n’a plus la biocapacité ni la force de produire et de produire de la vie comme elle en avait l’habitude.

En 1992, Boff quitte le sacerdoce et épouse un activiste marxiste après avoir été réduit au silence par Joseph Ratzinger pour avoir promu la théologie de la libération. Continuer la lecture de « UN THÉOLOGIEN DU SYNODE D’AMAZON POUSSE L’IDÉOLOGIE DE GAUCHE »

Cardinal Burke: Le document de travail du synode amazonien est une “apostasie” et ne peut devenir un enseignement de l’Église

Martin M. Barillas
Martin M. Barillas

(LifeSiteNews) – Le cardinal Raymond Burke a dit que le document de travail utilisé pour le prochain synode pan-amazonien organisé par le Vatican à la demande du pape François constitue une “apostasie”.

Le Cardinal a fait ce commentaire lorsqu’on lui a demandé, lors d’une interview sur Youtube le 13 août, si le document de travail connu sous le nom d’Instrumentum Laboris pour le Synode du 6-27 octobre pourrait devenir définitif pour l’Église catholique. répondit le cardinal Burke : “C’est impossible. Le document est une apostasie. Cela ne peut pas devenir l’enseignement de l’Église, et si Dieu le veut, toute l’affaire sera arrêtée.” Continuer la lecture de « Cardinal Burke: Le document de travail du synode amazonien est une “apostasie” et ne peut devenir un enseignement de l’Église »

Les raisons théologiques de l’Assomption

L’ASSOMPTION de la bienheureuse Vierge Marie, l’Immaculée Mère de Dieu, est un événement historique, un miracle auquel les chrétiens ont toujours cru. C’est pourquoi le Pape Pie XII, consentant aux vœux de toute l’Église, décida de proclamer solennellement, le 1er novembre 1950, ce privilège de la bienheureuse Vierge Marie comme un dogme de notre foi catholique.

Entrons dans l’esprit et le cœur de l’Église et cherchons à comprendre les raisons théologiques d’un tel honneur. Continuer la lecture de « Les raisons théologiques de l’Assomption »

Amoris laetitia: exhortation ou révolution?

Benoît et moi – AM Valli propose la recension d’un ouvrage de Stefano Fontana de parution récente. Je vais me répéter: même si l’ouvrage a des chances infimes d’être traduit en français, cette énième analyse d’ « Amoris Laetitia » offre une perspective inédite pour en comprendre la portée révolutionnaire. AMV s’intéresse sprécialement à ce qui fait l’objet d’un chapitre entier de l’ouvrage: l’influence de Walter Kasper… Continuer la lecture de « Amoris laetitia: exhortation ou révolution? »

Ce que la raison doit savoir

THE CATHOLIC THINGPar James Matthew Wilson

Il y a quelques années, un de mes amis baptistes a insisté : “Il n’y a pas de preuve empirique de l’existence de Dieu.” Il proposait, comme s’il allait sans dire, que la totalité de la doctrine chrétienne soit fondée, et fondée exclusivement, sur la foi qui est don de l’Esprit.

De ce point de vue, le monde était un flux inintelligible de matière et de mouvement qui ne nous révélait rien d’autre que ses propres délibérations. Richard Dawkins et Steven Pinker avaient de bonnes raisons de décrire le monde comme ils le font, car ce n’est que par le don de la foi que nous pouvons discerner autre chose. A ceux qui sont attentifs aux faits bruts et à ceux qui sont seuls, rien de ce qui relève du domaine de la vérité chrétienne ne peut être discerné. Continuer la lecture de « Ce que la raison doit savoir »

Nouveau sondage: seulement un tiers des catholiques croient en la présence réelle

CRUXCharles Collins

Si vous demandez à un théologien catholique quelle est la partie la plus importante de la vie chrétienne, il vous dira l’Eucharistie.

C’est pourquoi les évêques américains doivent avoir l’impression d’avoir été doublement impressionnés par les nouvelles données du Pew Research Center.

Le 23 juillet, la prestigieuse firme de sondage a publié un nouveau rapport – “Ce que les Américains savent de la religion” – qui a constaté que la moitié des catholiques aux États-Unis ne savent pas que l’Église catholique enseigne l’Eucharistie est le corps et le sang de Jésus Christ. Continuer la lecture de « Nouveau sondage: seulement un tiers des catholiques croient en la présence réelle »

Seulement 26% des catholiques américains de moins de 40 ans croient en la présence réelle, et ce n’est pas un accident

Steve Skojec1P5 – Steve Skojec – Une nouvelle recherche de Pew publiée ce mois-ci indique que seulement 26% des catholiques américains de moins de 40 ans croient en la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie.

Dans son livre, Index of Leading Catholic Indicators, Kenneth C. Jones cite un sondage réalisé en 1994 par le New York Times/CBS qui plaçait le nombre de catholiques parmi les 18-44 ans qui croient que l’Eucharistie est “simplement un symbole” à 70%. (Jones, p. 80) Continuer la lecture de « Seulement 26% des catholiques américains de moins de 40 ans croient en la présence réelle, et ce n’est pas un accident »

Institut JP II, faiblesse et responsabilité des modérés

Benoît & moi – Ou l’échec de l’herméneutique de la continuité; Roberto de Mattei commente, corrige et complète l’article-choc de George Weigeévoquant le sac de Rome par les vandales, en s’adressant directement à Mgr Melina et aux autres ‘épurés‘: « La bataille d’aujourd’hui exige des hommes qui luttent clairement pour ou contre la Tradition de l’Église ».

Le problème est qu’Amoris laetitia ne peut être interprété à la lumière du Magistère pérenne, parce qu’il propose un nouveau paradigme moral, incompatible avec ‘Veritatis splendor’.

(Roberto de Mattei)


L’Institut Jean-Paul II est tombé. Avec les honneurs?

Roberto de Mattei
Corrispondenza Romana
7 août 2019
Ma traduction


Dans la bataille historique (epocale) en cours au sein de l’Église, un donjon est tombé: l’Institut Jean-Paul II.
L’article de George Weigel est utile pour situer l’événement dans son contexte, avec son titre éloquent LES VANDALES SACCAGENT DE NOUVEAU ROME. Selon Weigel, après le Concile Vatican II, une « guerre de succession » s’est ouverte entre « deux groupes de théologiens réformistes précédemment alliés », qui se reconnaissaient dans deux revues, Concilium, et Communio: la première était ultraprogressiste, la seconde modérée. Ce qui était en jeu, c’était la bataille pour « le contrôle des facultés dans les départements de théologie des universités du monde entier ».

L’élection de Jean-Paul II, qui nomma Joseph Ratzinger Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, marqua la prévalence des modérés sur les extrémistes. Ces derniers, depuis 1978, se sont retrouvés « en marge du grand jeu de la politique ecclésiastique – même s’ils ont continué à maintenir un contrôle ferme sur la plupart des postes dans les facultés de théologie et dans de nombreuses publications théologiques ».
Jean-Paul II – explique l’écrivain américain – n’a pas purgé les universités ecclésiastiques des enseignants progressistes, mais a encouragé la fondation de nouveaux instituts comme l’Athénée de la Sainte Croix [Santa Croce] de l’Opus Dei (et, ajoutons-nous, Regina Apostolorum des Légionnaires du Christ). Le pape Wojtyla était en fait « confiant que la bonne monnaie – la bonne théologie – finirait par chasser la fausse monnaie éthique ».
L’Institut Jean-Paul II pour le Mariage et la Famille a été « l’instrument clé » de cette opération culturelle, principalement pour approfondir l’acceptation de l’encyclique de Jean-Paul II Veritatis splendor par toute l’Église (1993). Les progressistes, que Weigel définit comme des hommes « têtus » et « impitoyables », attendaient le moment de régler les comptes. L’occasion s’est présentée ces dernières semaines, lorsque le nouvel Institut Jean-Paul II, dont Mgr Vincenzo Paglia est Grand Chancelier, a mené une « purge de style stalinien » contre l’héritage théologique et pastoral de Jean-Paul II. Le cas le plus spectaculaire a été la suppression, après 38 années de vie, de la chaire de Morale fondamentale, occupée par Mgr Livio Melina. La conclusion, qui est aussi l’incipit de l’article de Weigel, est qu’ « un exercice de vandalisme intellectuel grossier se déroule à Rome depuis le 23 juillet: l’Institut pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille a été péremptoirement mais systématiquement privé de ses plus illustres professeurs, et ses cours centraux de théologie morale ont été supprimés ».

Dans la reconstruction de notre ami George Weigel, il y a cependant un vide que nous tentons ici de combler.
Tout d’abord, il faut rappeler que les vingt-sept années du pontificat de Jean-Paul II ont été suivies par les huit années de gouvernement de l’Église par Benoît XVI. En tout trente-cinq ans de domination ecclésiastique par les modérés. Comment se fait-il que, malgré cette longue période de prédominance réformiste, les Jacobins [ce mot n’a évidemment pas ici le sens qu’on lui a hypocritement donné en français!, ndt] aient pu prendre le pouvoir, exerçant aujourd’hui une répression impitoyable contre leurs adversaires?
Surgit le doute que cela est dû à la faiblesse intrinsèque du front modéré. Faiblesse doctrinale, car fondée sur la tentative de justifier à tout prix un événement, le Concile Vatican II, qui a de lourdes responsabilités, à commencer par la non-condamnation du communisme, à un moment de l’histoire où il constituait la plus grave menace pour l’Église et pour l’Occident.
Faiblesse stratégique, parce que ceux qui sont convaincus de défendre la vérité ne peuvent tolérer que, dans les universités et les séminaires ecclésiastiques, on continue pendant des décennies à enseigner l’erreur, comme ce fut le cas pendant les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI. La stratégie de promotion de la vérité en évitant de condamner les erreurs, ne porte pas ses fruits. Les faits n’ont pas confirmé cette stratégie, mais ils ont validé la loi de Thomas Gresham (1519-1579), selon laquelle c’est la mauvaise monnaie qui chasse la bonne (bad money drives out good), et non l’inverse.

La renonciation au pontificat de Benoît XVI, le 11 février 2013, a bien été la déclaration de l’échec de cette stratégie. L’herméneutique de la continuité s’est avérée incapable de contrer le jacobinisme ecclésiastique, qui n’est pas une ligne interprétative des documents théologiques, mais un projet de conquête du pouvoir à travers les hommes et les faits. L’élection du pape François a été la conséquence inévitable de l’échec historique du réformisme modéré. Jorge Mario Bergoglio oppose son « magistère vivant » de l’Église à ceux qui se réfèrent au « magistère vivant » de Vatican II. Si un Concile de l’Église a toujours raison, comment peut-on blâmer un Pape qui se présente comme l’incarnation de cet événement? Le pape François, pour sa part, comme tous les Jacobins, déteste plus que tout l’ambiguïté et les contradictions des modérés, tandis qu’il respecte et craint la cohérence des contre-révolutionnaires. Et si aujourd’hui l’Institut Jean-Paul II est saccagé par des vandales, c’est justement parce qu’il n’a pas résisté ouvertement au Pape François, quand c’était le moment.

L’exhortation Amoris laetitia du 19 mars 2016 avait clairement pour objectif de détruire Veritatis splendor et l’enseignement moral de Jean-Paul II, pour le remplacer par un nouveau paradigme moral. Les enseignants de l’Institut Jean-Paul II, au nom de Veritatis splendor, et de leur histoire personnelle, auraient dû se dresser comme un seul homme contre cette attaque à la morale catholique, surtout après le refus du Pape François de recevoir en audience les cardinaux auteurs des dubia, et après le rescrit du 5 juillet 2017, selon lequel l’interprétation authentique du document pontifical était celle donnée par les évêques d’Argentine. L’intention du pape François était, et est, claire pour tous. Pourtant, aucun des théologiens de l’Institut n’a signé la Correctio filialis de haeresibus diffusée le 24 septembre 2017 ni n’a produit le moindre document soumettant Amoris laetitia à de sévères critiques.

Le 3 août, dans une interview sur La Verità, Mgr Livio Melina s’est présenté comme victime d’une injuste épuration, affirmant avoir été frappé pour avoir voulu interpréter l’Exhortation Amoris Laetitia à la lumière du Magistère de l’Église. Le problème est qu’Amoris laetitia ne peut être interprété à la lumière du Magistère pérenne, parce qu’il propose un nouveau paradigme moral, incompatible avec Veritatis splendorLe Pape François, lui, en est convaincu, et nous avec lui. Mgr Melina en est peut-être lui aussi convaincu, mais il ne l’a jamais dit publiquement. Ce silence n’a pas empêché sa décapitation. Pourquoi s’en étonner? L’histoire de la Révolution française ne nous enseigne-t-elle rien ?

La bataille d’aujourd’hui exige des hommes qui luttent clairement pour ou contre la Tradition de l’Église. Mais s’il arrive qu’un Pape prenne parti contre la Tradition, nous devons respectueusement nous en distancier, en restant fermement au sein de l’Église, dont il [le Pape] semble vouloir se séparer, pas nous. Un théologien talentueux comme Mgr Melina a tous les outils intellectuels pour comprendre comment il est possible de résister aux erreurs doctrinales et pastorales d’un Pape sans jamais manquer à l’amour et au dévouement que nous devons réserver à la Chaire de Pierre. L’heure du minimalisme est révolue. Le temps est venu où la Vérité et l’erreur doivent se regarder en face, sans compromis. C’est la seule chance qu’a la Vérité de gagner. Nous avons besoin d’hommes qui se battent, et si nécessaire qui tombent, mais avec les honneurs.

La moitié des catholiques américains pensent que l’Eucharistie n’est que symbolique. Comment est-ce arrivé?

CATHOLIC HERALDPère Dwight Longenecker

Un grand fossé s’est creusé entre ceux qui croient en une religion révélée et ceux qui croient que tout cela est un symbole.

La semaine dernière, un article m’a rappelé un article sur l’écrivain Flannery O’Connor. Dans l’une de ses lettres recueillies dans The Habit of Being, elle a décrit comment elle était présente à un rassemblement littéraire chic à New York, où l’auteure Mary McCarthy était une invitée. O’Connor a été intimidé par les littéraires et n’a presque rien dit de la soirée.

Puis elle décrit la scène :

“Eh bien, vers le matin, la conversation a tourné autour de l’Eucharistie, que moi, étant catholique, j’étais évidemment censé défendre. Mary McCarthy] a dit quand elle était enfant et qu’elle a reçu l’Hostie, elle l’a considérée comme le Saint-Esprit, Lui étant la personne “la plus portable” de la Trinité ; maintenant elle l’a considérée comme un symbole et a sous-entendu que c’était une très bonne. D’une voix très tremblante, j’ai dit : “Si c’est un symbole, qu’il aille au diable.” C’était tout ce dont j’étais capable pour me défendre, mais je réalise maintenant que c’est tout ce que je pourrai jamais en dire, en dehors d’une histoire, sauf que c’est le centre de l’existence pour moi ; tout le reste de la vie est consommable.”

Un récent sondage Pew rapporte que 50 pour cent des catholiques américains partagent la foi de M. O’Connor. L’autre moitié est du côté de Mary McCarthy. Cinquante pour cent croient que le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ. L’autre moitié pense que c’est symbolique.

Comment en sommes-nous arrivés au point où 50 p. 100 des catholiques se sont trompés sur cette croyance catholique des plus fondamentales ? Un suspect typique est une mauvaise catéchèse. Oui, oui, je sais : depuis 50 ans, on nous fait pleuvoir des gouttes sur les roses et des moustaches sur les catéchèses de chatons, mais est-ce une cause ou un symptôme ?

D’autres veulent creuser davantage. “C’est la faute de Vatican II”, crient-ils, juste avant de chuchoter des théories de conspiration protestantes, Jean XXIII étant franc-maçon et l’archevêque Bugnini, archi-vilain. D’autres blâment les religieuses libérales en pantalons, le “Père Fabuleux” avec ses vêtements Day-Glo, ses églises qui ressemblent à des vaisseaux spatiaux et sa musique qui semble être un mélange de Joan Baez, les charpentiers et de chansons de feu de camp.

Ce sont tous des symptômes de la maladie. Les racines du problème remontent à mille ans. Les débats sur le Corps et le Sang du Christ dans le sacrement ont éclaté pour la première fois au XIe siècle lorsque le théologien français Berengar de Tours a nié qu’il puisse y avoir un changement matériel à cette consécration. La controverse a pris fin avec la définition de la transsubstantiation lors du quatrième Concile du Latran en 1215.

Cette définition a été affirmée au Concile de Trente dans son Décret sur la Très Sainte Eucharistie : “Dans le Saint Sacrement de la Sainte Eucharistie, après la consécration du pain et du vin, notre Seigneur Jésus Christ, vrai Dieu et homme, est vraiment, vraiment et substantiellement contenu sous les apparences de ces réalités perceptibles. La définition claire de Trent était une réponse aux révolutionnaires protestants. Luther proposait la “consubstantiation” et les anglicans le “réceptionnisme”, tandis que Calvin et Zwingli plaidaient pour une présence purement symbolique du Christ à la célébration eucharistique.

Oui, mais d’où viennent leurs idées ? La théologie des réformateurs a été influencée par le nominalisme de Guillaume d’Ockham (1285-1347), qui contestait l’existence de réalités métaphysiques en faveur de la réalité perçue du monde matériel. Bref : ce n’est qu’un symbole.

Le récent sondage révèle plus qu’une querelle doctrinale entre catholiques. Le désaccord sur l’Eucharistie est indicatif d’un Grand Canyon dans l’Église chrétienne. Le canyon se situe entre deux conceptions totalement opposées de la religion chrétienne.

Le matérialiste moderne croit que le christianisme est une invention humaine qui est le produit d’une certaine période historique et culturelle. En tant que telle, non seulement elle peut changer, mais elle doit changer en fonction du temps et de la culture dans lesquels elle se trouve. En d’autres termes, le christianisme est une religion relative. Non seulement l’Eucharistie est symbolique, mais toute la foi chrétienne sauvage et glorieuse n’est qu’un symbole.

Le deuxième point de vue est celui du surnaturel historique. Pour lui, la foi chrétienne n’est pas relative, elle se révèle. Comme l’écrivait saint Paul dans les Galates : “Dans la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils né d’une femme.” Pour le surnaturel historique, l’incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ a eu lieu là où elle a eu lieu et quand elle a eu lieu dans le cadre du plan éternel de Dieu. L’Eucharistie et toute la foi chrétienne n’est donc pas symbolique mais surnaturelle. Elle est révélée par Dieu, et son essence ne peut être adaptée aux caprices de l’histoire et de la culture.

Nous ne devrions pas être naïfs. Ce canyon traverse tout le christianisme contemporain. Le grand fossé aujourd’hui n’est plus entre protestants et catholiques, mais entre ceux qui croient en une religion révélée et ceux qui croient que tout cela est un symbole.

Nous ne devons pas non plus sous-estimer les dommages que le point de vue matérialiste moderne cause à l’Église. L’essentiel doit être : si tout cela n’est qu’un symbole, à quoi bon ? Pourquoi s’embêter ? Ou pour faire écho à Flannery O’Connor, “Au diable tout ça.”

Si le désaccord sur l’Eucharistie est un symptôme de la grande division, c’est aussi l’un des moyens de combler le fossé.

La façon dont j’explique la doctrine de la transsubstantiation commence par la définition du mot. Transubstantiation signifie “substance à travers”. J’explique ensuite que les chrétiens du Moyen-âge pensaient que le mot “substance” signifiait exactement le contraire de notre définition. Par ” substantiel “, nous entendons physique et solide tel que perçu par nos sens corporels. Le philosophe médiéval, en revanche, voulait dire par “substance” l’aspect invisible d’une chose qui ne changeait pas et qui était donc éternelle.

Dans notre salle de bains du rez-de-chaussée, nous avons une collection de photos de famille. Je suis là comme un enfant de deux ans dans les bras de mon père. À côté, il y a une photo de famille quand j’ai cinq ans, une autre quand j’ai 12 ans, puis mon portrait de lycéen, mes années d’université et puis hier, c’est moi… un vieil homme chauve. La forme physique a changé, mais dans chaque photo vous pouvez voir que c’est moi. Cette personne invisible et immuable est ma substance.

C’est cette “substance” du pain et du vin qui change. La réalité du pain et du vin – le “pain” et le “vin” de la matière – devient le Corps et le Sang du Christ. Cette explication philosophique est la meilleure que nous ayons de ce qui reste un mystère.

Une bonne compréhension de l’Eucharistie conduit donc à une bonne compréhension de toute la foi. Si je peux comprendre comment le pain et le vin sont vraiment le Corps et le Sang du Christ, je pourrais aussi commencer à voir la main puissante de Dieu dans toutes ses œuvres. Quand je commence à voir comment ce monde est, comme le dit Gérard Manley Hopkins, “chargé de la grandeur de Dieu”, alors je peux commencer à saisir le mystère sacramentel de l’Église elle-même.

Le P. Dwight Longenecker est un ancien ministre de l’Église d’Angleterre. Il est maintenant pasteur de l’église Notre-Dame du Rosaire à Greenville, en Caroline du Sud. Connectez-vous à son blog, parcourez ses livres et prenez contact avec lui sur dwightlongenecker.com.