La gifle de François au cardinal Sarah. Les dessous de l’affaire

La lettre dans laquelle François a dernièrement contredit et humilié le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin, est à nouveau emblématique de la façon dont ce pape exerce son magistère.

Lorsque François veut introduire des nouveautés, il ne le fait jamais par des mots clairs et univoques. Il préfère faire naître des discussions, mettre en œuvre des « processus » au sein desquels les nouveautés vont peu à peu s’affirmer.

L’exemple le plus parlant, c’est Amoris laetitia qui a donné à des interprétations et des mises en œuvre disparates sur le terrain alors que des conférences épiscopales optaient pour l’un ou l’autre camp. Continuer la lecture de « La gifle de François au cardinal Sarah. Les dessous de l’affaire »

La réponse du cardinal Gerhard Müller à Mgr Nunzio Galantino : la Réforme ne fut pas un « événement du Saint-Esprit », « mais une révolution »

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Alors que le secrétaire général de la conférence des évêques d’Italie, Mgr Nunzio Galantino – nommé à ce poste en 2014 par le pape François lui-même – vient de qualifier la Réforme de Luther d’« événement du Saint-Esprit », le cardinal Gerhard Müller, récemment débarqué de son poste de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, vient de tenir sur la rupture protestante il y a 500 ans un langage beaucoup plus… catholique. Dans une tribune publiée ce mardi par La Nuova Bussola Quotidianarépondant directement et ouvertement à cette assertion, le cardinal Müller a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une réforme, mais d’une révolution. Nous vous proposons ici notre traduction intégrale de cette réponse du cardinal Müller. – J.S. Continuer la lecture de « La réponse du cardinal Gerhard Müller à Mgr Nunzio Galantino : la Réforme ne fut pas un « événement du Saint-Esprit », « mais une révolution » »

Bush père, Pussycat Dolls, prostitution estudiantine : actualité du lupanar mondial

Bush Père Pussycat Dolls Prostitution estudiantine

Un camion faisant de la réclame pour la prostitution estudiantine fait l’actualité, ainsi que les attouchements commis par Bush père et la vie infernale des Pussycat Dolls. Depuis Weinstein le lupanar mondial s’exhibe, comme pour faire paraître les rigueurs de l’islam plus raisonnables.
Non content d’avoir détruit le Proche Orient en lançant la guerre et d’avoir promulgué le Nouvel Ordre Mondial, le président Bush (le père, pas George W), qui limite désormais ses blitzkrieg à son fauteuil roulant, aurait « agressé sexuellement » une actrice américaine de série B, voilà quatre ans. Elle n’avait rien dit alors, mais depuis l’affaire Weinstein, la parole se libère, c’est-à-dire que le grand lupanar mondial vomit dans la bonne conscience son mélange caractéristique de fantasmes graveleux, de récriminations féministes, de vérités horribles et de demi-mensonges intéressés. C’est ainsi que Heather Lind accuse Bush père de l’avoir agressée lors d’une séance de photos pour la promotion d’une série télévisée.  Continuer la lecture de « Bush père, Pussycat Dolls, prostitution estudiantine : actualité du lupanar mondial »

Sandro Magister : François pratique la langue de bois

François veut faire de l’Église une « fédération » d ‘ »Églises nationales» »autonomes qui auraient chacune une doctrine différente, selon Sandro Magister.

Pour ce faire, le pape pratique la langue de bois : « Quand il veut introduire des innovations, il ne le fait jamais en termes clairs et précis », écrit Magister sur son blog le 26 octobre, ajoutant : « Quand on lui demande des éclaircissements, il refuse. »

Magister mentionne la tentative du cardinal Sarah de clarifier le motu proprio Magnum Principium, qui est obscur sur la question de qui est en charge de l’approbation des traductions liturgiques, le Vatican ou les évêques locaux. Mais Françoiw a réagi « avec dureté » contre Sarah pour défendre ses libéralisations controversées.

Magister sait que François avait rédigé Magnum Principium dans le dos de Sarah.

fr.news

Luther, aujourd’hui

Luther, aujourd’hui

ou la protestantisation de l’Eglise. Le cardinal Müller (indirectement) et le P. Scalese, répondent au secrétaire de la CEI (25/10/2017)

 Humour…

Le montage ci-dessous est issu du blog cronicasdepapafrancisco.com . Je ne résiste pas à l’envie de le reproduire ici, mais je précise qu’y associer – au moins en intention – les deux auteurs (le cardinal et le prêtre barnabite) serait totalement déplacé, ce n’est en tout cas pas mon propos…
Aux côtés du Pape, on reconnaît ses inspirateurs et conseillers habituels, les cardinaux Marx et Kasper, le P. Spadaro, jésuite, directeur de la Civiltà cattolica et ghostwriter présumé de François, le P. Sosa, pittoresque général des Jésuites moustachu, aussi erratique dans sa doctrine que truculent dans sa dégaine, et Mgr Galantino, secrétaire de la CEI et représentant du Pape auprès des évêques italiens (rappelons que l’Evêque de Rome est aussi primat d’Italie) et accessoirement super-directeur de l’Avvenire.

Hier Martin Luther, 1483-1546. Aujourd’hui Jorge Bergoglio, François I depuis le 13 mars 2013, tous deux révolutionnaires contre l’Eglise catholique, et pas réformateurs

Ce sont les récents propos de Mgr Galantino, qualifiant la Réforme d' »événement de l’Esprit Saint » qui ont ranimé le débat… et mis le feu aux poudres. Mais ce n’est que le dernier épisode en date d’une longue suite, qui a culminé avec la visite du Pape le 31 octobre dernier à Lund, en Suède, pour célébrer avec ses amis luthériens le cinquième centenaire de la Réforme.

il est à la mode aujourd’hui de dire que « les intentions de Luther étaient bonnes et inspirées par l’Esprit Saint, mais ensuite les choses ont pris un chemin différent, également avec la complicité des fermetures de l’Église catholique ». À mon avis, il s’agit d’un procès d’intentions, pour lequel nous ne sommes pas habilités. C’est un procès d’intentions à la fois quand on prétend juger avec bienveillance les intentions de Luther et quand on se permet de juger négativement des intentions de l’Église catholique. Dans ce cas, nous devrions vraiment nous demander: « Qui sommes-nous pour juger »?
(…)
Je ne peux ignorer l’influence que les doctrines luthériennes ont eue sur le développement ultérieur de l’histoire de la pensée. Eh bien, les conséquences intellectuelles de la Réforme ont été dévastatrices non seulement pour la foi catholique, mais aussi pour la philosophie elle-même. Bien que ces doctrines aient leurs racines dans la scolastique décadente de la fin du Moyen Âge, il ne fait aucun doute que nous pouvons y trouver les origines du subjectivisme et du relativisme modernes.
(…)
Déclarer, comme quelqu’un l’a fait récemment, qu’il n’y a pratiquement plus de différences entre nous et les luthériens, ne peut signifier que deux choses: soit qu’ils sont redevenus catholiques – ce qui n’est pas le cas -, soit que les catholiques sont devenus protestants entre-temps. Ce qui, au moins pour certain, semble plus vraisemblable.(Père Scalese)

* * *
Les erreurs personnelles, les péchés des personnes de l’Église, ne doivent pas être confondus avec les erreurs dans la doctrine et dans les sacrements. Celui qui le fait croit que l’Église n’est qu’une organisation d’hommes et nie le principe selon lequel Jésus lui-même a fondé son Église et la protège dans la transmission de la foi et de la grâce dans les sacrements par l’Esprit Saint. Son Église n’est pas seulement une organisation humaine: c’est le corps du Christ, où il y a l’infaillibilité du Concile et du Pape, selon une modalité décrite avec précision. Tous les conciles parlent de l’infaillibilité du Magistère, dans la proposition de la foi catholique. Dans la confusion d’aujourd’hui, beaucoup de gens sont allés jusqu’à renverser la réalité: ils considèrent le pape infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand ensuite les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent qu’il est faillible.(Cardinal Müller)

La réflexion du Père Scalese

PROCÈS D’INTENTIONS

P. Giovanni Scalese CRSP
24 octobre 2017
querculanus.blogspot.fr
Ma traduction

* * *

Des lecteurs m’ont demandé d’exprimer une opinion sur les récentes déclarations faites par Mgr Nunzio Galantino lors du Congrès, organisé par l’Université Pontificale du Latran à l’occasion du cinquième centenaire de la Réforme, intitulée « Passion pour Dieu » (18-19 octobre 2017). Dans son discours d’introduction à la troisième session de la Conférence (« La Spiritualité de la Réforme dans l’Action ecclésiale »), le Secrétaire de la CEI aurait soutenu (Je dis « aurait » parce que je n’ai pas trouvé le texte de l’intervention en ligne, mais seulement quelques compte-rendus) que « la Réforme initiée par Martin Luther il y a 500 ans était un événement de l’Esprit Saint ». Cette déclaration a naturellement suscité chez beaucoup une levée des bouclier. Pour être honnête, cela ne m’étonne pas plus que cela: c’est l’expression d’une tendance très répandue aujourd’hui dans l’Église. Je n’ai donc pas envie de tomber sur Mgr Galantino: il n’est que le porte-parole d’un sentiment beaucoup plus large.

Il me semble totalement inutile de répéter ici ce qui a déjà été dit par d’autres; je n’ai pas non plus envie de m’engager dans un discours théologique pour montrer que Luther était un hérétique, non seulement parce que ce ne sont pas des choses à traiter dans un blog, mais surtout parce que personne ne m’a constitué juge de l’orthodoxie ou de l’hérésie de quiconque. Il me suffit de savoir que Luther a été condamné par l’Église comme hérétique. Et je fais confiance à l’Église. Même celle d’il y a cinq cents ans. Pour moi, Luther n’est ni un diable ni un saint; il n’est qu’un pauvre pécheur, quelqu’un qui a besoin – comme tout le monde – de la miséricorde de Dieu. Je préfère donc jeter quelques réflexions telle qu’elles me viennent, sans prétention de systématicité et d’exhaustivité, dans l’esprit de ce blog.

Comme le faisait remarquer à juste titre Stefano Fontana sur La Nuova Bussola, il est à la mode aujourd’hui de dire que « les intentions de Luther étaient bonnes et inspirées par l’Esprit Saint, mais ensuite les choses ont pris un chemin différent, également avec la complicité des fermetures de l’Église catholique« .
À mon avis, il s’agit d’un procès d’intentions, pour lequel nous ne sommes pas habilités. C’est un procès d’intentions à la fois quand on prétend juger avec bienveillance les intentions de Luther et quand on se permet de juger négativement des intentions de l’Église catholique. Dans ce cas, nous devrions vraiment nous demander: « Qui sommes-nous pour juger »?

C’est peut-être de ma part une déformation professionnelle, mais je pense que la seule attitude légitime, dans ce cas comme dans beaucoup d’autres, est celle de l’historien: l’historien n’est pas appelé à exprimer des jugements de valeur, mais des jugements historiques; il n’est pas autorisé à juger les intentions des gens, mais à considérer les faits dans leur objectivité et à les relier entre eux selon des rapports de cause à effet. Je pense que c’est ce que devrait être notre attitude vis-à-vis de la Réforme.

Que l’Église du XVIe siècle (tout comme celle d’aujourd’hui, d’ailleurs) eût besoin d’être réformée, c’est un fait. Que Luther et les autres réformateurs aient vraiment réformé l’Église, c’est une affirmation sur laquelle il est légitime de soulever quelques doutes. Quel a été le résultat de la Réforme? La division de l’Église. Peut-on considérer cela comme une véritable réforme de l’Église? Je ne dirais pas cela. Personnellement, je trouve beaucoup plus « réformateurs » les innombrables saints qui ont peuplé l’Église du XVIe siècle, non seulement après le Concile de Trente, mais aussi et surtout avant et pendant la Réforme protestante, autrement dit les représentants de ce phénomène encore insuffisamment valorisé, qui est la « Réforme catholique ».

A cet égard, je voudrais rappeler ici le jugement du Cardinal Joseph Ratzinger le 28 mai 1997, à l’occasion de la célébration du centenaire de la canonisation de saint Antoine Marie Zaccharie (1502-1539) [le fondateur de l’ordre des barnabites, ndt], l’un des plus grands représentants de la Réforme Catholique mentionnée plus haut:

Je dois dire que la figure de ce saint m’est chère parce qu’il est l’une des grandes personnalités de la Réforme Catholique du XVIe siècle, engagée dans le renouveau de la vie chrétienne à une époque de crise profonde dans le domaine de la foi et des moeurs. Sa vie coïncide avec une période turbulente où Luther, à sa manière, a tenté de réformer l’Église: une tentative qui, comme nous le savons tous, s’est terminée par la tragédie de la division du christianisme. Dans les problèmes de son temps et de sa vie personnelle, Luther avait découvert la figure de saint Paul et, avec l’intention de suivre le message de l’Apôtre, il commença son chemin. Malheureusement, il opposa Saint Paul à l’Église hiérarchique, la loi à l’Évangile et, de cette façon, même, en le redécouvrant, il le détacha de toute la vie de l’Église, du message de la Sainte Écriture.
Antoine Marie Zaccharie a lui aussi découvert saint Paul, il a voulu suivre son dynamisme évangélique et l’a vu dans la totalité du message divin, dans la communauté de la Sainte Église.
Il me semble que saint Antoine Marie Zaccharie est un homme et un saint d’une grande actualité, une figure œcuménique et missionnaire, qui nous invite à montrer et à vivre le message paulinien dans l’Église elle-même; il montre à nos frères séparés que saint Paul a sa vraie place dans l’Église catholique et qu’il n’est pas nécessaire d’opposer son message avec l’Église hiérarchique, mais qu’il y a dans l’Église catholique toute la place pour la liberté évangélique, pour le dynamisme missionnaire, pour la joie de l’Evangile. L’Église catholique n’est pas seulement une Église de la loi, elle doit aussi se manifester concrètement comme une Église de l’Évangile et de sa joie pour ouvrir les chemins de l’unité.

Sur la diffusion et le « succès » de la Réforme luthérienne aussi, il serait souhaitable de s’exprimer comme historiens plutôt que comme apologistes ou hagiographes. Au cours de son discours, Mgr Galantino a cité un texte de Luther, dans lequel le Réformateur affirme:

J’ai pris parti contre tous les papistes, je me suis constitué une implacable opposition au Pape et aux indulgences. Mais je n’ai pas fait appel à la force, à la persécution, à la rébellion. Je n’ai fait que répandre, prêcher, inculquer la parole de Dieu: je n’ai rien fait d’autre. Quand je dormais et que je buvais de la bière à Wittenberg, la parole de Dieu a opéré de telle sorte que la papauté est tombée, comme aucun prince ou empereur n’aurait pu la faire tomber. Je n’ai rien fait: la parole de Dieu a déterminé le succès de ma prédication.

Eh bien, personnellement, sur cette vision aussi j’ai aussi des doutes à exprimer. Je ne sais pas si le succès de la Réforme doit être vraiment atrribué à la parole de Dieu, et non pas plutôt aux princes allemands qui y ont adhéré pour des motifs plus politico-économiques que religieux (entraînant derrière eux leurs sujets respectifs, selon le principe qui devait par la suite être formulé dans la paix d’Augusta, cuius regio, eius religio – «À chaque région sa religion»)

Enfin, m’intéressant, en plus de l’histoire, aussi à la philosophie, je ne peux ignorer l’influence que les doctrines luthériennes ont eue sur le développement ultérieur de l’histoire de la pensée. Eh bien, les conséquences intellectuelles de la Réforme ont été dévastatrices non seulement pour la foi catholique, mais aussi pour la philosophie elle-même. Bien que ces doctrines aient leurs racines dans la scolastique décadente de la fin du Moyen Âge, il ne fait aucun doute que nous pouvons y trouver les origines du subjectivisme et du relativisme modernes.

Il me semble donc un peu risqué de prétendre que la Réforme a été un « événement de l’Esprit Saint ». Plutôt que de s’aventurer dans des relectures téméraires, je préférerais, du côté catholique, une attitude certes de grand respect envers les frères séparés, mais en même temps d’extrême clarté sur les différences qui nous divisent encore. Déclarer, comme quelqu’un (QUI?) l’a fait récemment, qu’il n’y a pratiquement plus de différences entre nous et les luthériens, ne peut signifier que deux choses: soit qu’ils sont redevenus catholiques – ce qui n’est pas le cas -, soit que les catholiques sont devenus protestants entre-temps. Ce qui, au moins pour certain, semble plus vraisemblable.

Une tribune du cardinal Müller

LA RÉFORME DE LUTHER FUT EN FAIT UNE RÉVOLUTION

Cardinal Gerhard L. Müller
24 octobre 2017
www.lanuovabq.it
Ma traduction

* * *

Il y a aujourd’hui une grande confusion dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l’Église, ce ne fut absolument pas une réforme, mais une révolution, c’est-à-dire un changement total dans les fondements de la foi catholique. Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était seulement de lutter contre certains abus d’indulgences ou contre les péchés de l’Église de la Renaissance. Les abus et les mauvaises actions ont toujours existé dans l’Église, pas seulement à la Renaissance, et il y en a encore aujourd’hui. Nous sommes la sainte Église à cause de la Grâce de Dieu et des sacrements, mais tous les hommes de l’Église sont des pécheurs, tous ont besoin de pardon, de contrition et de pénitence.
Cette distinction est très importante. Et dans le livre écrit par Luther en 1520, « De captivitate Babylonica ecclesiae », il est absolument clair que Luther a laissé derrière lui tous les principes de la foi catholique, des Saintes Écritures, de la Tradition apostolique, du Magistère du Pape et des Conciles, de l’épiscopat. En ce sens, il a bouleversé le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu’expliqué au Moyen Âge, au point de nier le sacrement comme signe efficace de la grâce qu’il contient; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective. Ici Luther a aboli cinq sacrements, il a aussi renié l’Eucharistie: le caractère sacrificiel du sacrement de l’Eucharistie, et la conversion réelle de la substance du pain et du vin en substance du corps et du sang de Jésus-Christ. Et encore: il a qualifié le sacrement de l’ordination épiscopale, le sacrement de l’ordination, d’invention du Pape – défini comme l’Antichrist – ne faisons pas partie de l’Église de Jésus-Christ. Nous disons au contraire que la hiérarchie sacramentelle, en communion avec le successeur de Pierre, est un élément essentiel de l’Église catholique, et pas seulement un principe d’une organisation humaine.

Pour cette raison, nous ne pouvons accepter que la réforme de Luther soit définie comme une réforme de l’Église au sens catholique. La réforme catholique est une réforme qui est un renouveau de foi vécue dans la grâce, dans le renouveau des moeurs, de l’éthique, un renouveau spirituel et moral des chrétiens; pas une nouvelle fondation, une nouvelle Église.
Il est donc inacceptable de dire que la réforme de Luther « fut un événement de l’Esprit Saint ». C’est le contraire, elle fut contre l’Esprit Saint. Parce que l’Esprit Saint aide l’Église à maintenir sa continuité à travers le Magistère de l’Église, surtout dans le service du ministère pétrinien: c’est sur Pierre seul que Jésus a fondé Son Église (Mt 16,18), qui est « l’Église du Dieu vivant, pilier et soutien de la vérité » (1 Tm 3,15). L’Esprit Saint ne se contredit pas lui-même.

On entend beaucoup de voix qui parlent avec trop enthousiasme de Luther, ne connaissant pas exactement sa théologie, sa controverse et les effets désastreux de ce mouvement qui a représenté la destruction de l’unité de millions de chrétiens avec l’Église catholique. Nous pouvons évaluer positivement sa bonne volonté, l’explication lucide des mystères de la foi commune, mais pas ses déclarations contre la foi catholique, surtout en ce qui concerne les sacrements et la structure hiérarchique de l’Église.
Il n’est pas non plus correct de dire que Luther avait initialement de bonnes intentions, entendant par là que c’est l’attitude rigide de l’Église qui l’a poussé sur la mauvaise voie. Ce n’est pas vrai: Luther avait l’intention de lutter contre le commerce des indulgences, mais l’objectif n’était pas l’indulgence en tant que telle, maisen tant que partie du sacrement de pénitence.

Il n’est pas vrai non plus que l’Eglise a refusé le dialogue: Luther eut une première disputeavec Jean Eck, puis le Pape envoya le cardinal Gaetano comme légat pour dialoguer avec lui. On peut discuter sur les modalités, mais quand il s’agit de la substance de la doctrine, il faut affirmer que l’autorité de l’Église n’a pas commis d’erreurs. Sinon, il faut soutenir que l’Église a enseigné pendant mille ans des erreurs dans la foi, alors que nous savons – et c’est un élément essentiel de la doctrine – que l’Église ne peut pas commettre d’erreur dans la transmission du salut dans les sacrements.

Les erreurs personnelles, les péchés des personnes de l’Église, ne doivent pas être confondus avec les erreurs dans la doctrine et dans les sacrements. Quiconque fait ainsi croit que l’Église n’est qu’une organisation d’hommes et nie le principe selon lequel Jésus lui-même a fondé son Église et la protège dans la transmission de la foi et de la grâce dans les sacrements par l’Esprit Saint. Son Église n’est pas seulement une organisation humaine: c’est le corps du Christ, où il y a l’infaillibilité du Concile et du Pape, selon une modalité décrite avec précision. Tous les conciles parlent de l’infaillibilité du Magistère, dans la proposition de la foi catholique. Dans la confusion d’aujourd’hui, beaucoup de gens sont allés jusqu’à renverser la réalité: ils considèrent le pape infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand ensuite les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent qu’il est faillible.

Certes, 500 ans ont passé depuis lors, ce n’est plus le temps de la polémique, mais celui de la recherche de la réconciliation: mais pas au prix de la vérité. Il ne doit pas y avoir de confusion. Si d’un côté nous devons savoir accepter l’efficacité de l’Esprite Saint chez ces autres chrétiens non-catholiques qui ont de la bonne volonté, qui n’ont pas commis personnellement ce péché de séparation d’avec l’Église, de l’autre, nous ne pouvons pas changer l’histoire, ce qui s’est passé il y a 500 ans. Une chose est le désir d’avoir de bonnes relations avec les chrétiens non catholiques d’aujourd’hui, afin de nous rapprocher d’une pleine communion avec la hiérarchie catholique et aussi avec l’acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique; une autre chose est l’incompréhension ou la falsification de ce qui s’est passé il y a 500 ans et l’effet désastreux que cela a eu. Un effet contraire à la volonté de Dieu: « … Que tous soient une seule chose; de même que Toi, Père, es en moi et moi en toi, qu’ils soient aussi en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jean 17:21).

benoit-et-moi.fr

Un évêque allemand veut la communion pour les non-catholiques

Les protestants dans des mariages mixtes avec des catholiques devraient être autorisés « dans des cas individuels » à recevoir la Sainte Communion , selon l’évêque Gerhard Feige de Magdeburg, en Allemagne.

Feige a déclaré sur la page officielle des évêques allemands katholisch.de qu’il serait « libérateur » de permettre ce qui est maintenant interdit [mais couramment pratiqué et encouragé sans aucun bénéfice spirituel].

Un démon drag-queen pour les enfants de la bibliothèque publique de Michelle Obama

démon drag queen enfants bibliothèque

Qu’il était laid dans sa robe de princesse, avec sa chevelure fauve et ses cinq cornes rougies… effroyablement laid ! On se demande comment le démon drag-queen qu’on avait chargé d’officier à la bibliothèque publique de Michelle Obama n’a pas fait fuir tous les malheureux enfants que leurs parents avaient traînés là, sans doute pour les ouvrir à la fluidité du genre – une fluidité qui sent décidément le souffre.

Entre satanistes et LGBT, l’entente est cordiale – les intérêts des seconds servent ceux des premiers. Et Michelle encense donc tout ça ? Continuer la lecture de « Un démon drag-queen pour les enfants de la bibliothèque publique de Michelle Obama »

La tribune déroutante de Mgr Wintzer

Monseigneur Wintzer, archevêque de Poitiers, a publié lundi 9 octobre dans la Croix une tribune :

François est un pape bien déroutant, en tout cas il l’est pour moi, comme, je pense pour nombre de Français et d’Européens ; déroutant, au sens fort et beau de ce terme : il contraint, dans un premier temps quant aux manières de penser, ensuite, peut-être, dans les comportements, à changer de la route parfois trop habituelle sur laquelle nous sommes engagés. Je pense en particulier à ses propos, comme à ses gestes, sans cesse répétés, en faveur de l’accueil, presque inconditionnel, des migrants, quels que soient leur pays d’origine et leur religion. Déroutant, il l’est aussi pour certains dans l’exhortation apostolique Amoris laetitia lorsqu’il appelle à cette même chose : l’accueil des familles, de toutes les familles.

En effet, nous étions habitués, depuis… deux mille ans à entendre des papes de plain-pied avec la culture européenne. Beaucoup d’entre eux furent italiens, les deux derniers, polonais et allemand, mais toujours européens. Et voici un pape qui vient d’ailleurs, même si son père naquit italien. Jusqu’à François, nous n’avions sans doute pas mesuré que la manière d’annoncer la foi était conditionnée par une culture particulière, parce que cette culture, c’est la nôtre ! Nos réactions actuelles, non seulement à la parole, mais aussi à certains des gestes du pape François sont certainement révélatrices de conditionnements culturels dont nous n’avions pas jusqu’ici pleine conscience.

Bien entendu, lorsqu’un évêque est élu pape, il devient un « homme universel », il est donné par une Église particulière, ici celle d’Argentine, à toute l’Église catholique. Pourtant, faut-il que cette universalité gomme l’histoire et les particularités du lieu d’où vient ce pape ? Certes non. Mais, Européens, nous pensions que les précédents papes étaient par définition universels, puisqu’ils étaient comme nous ; le pape François nous fait mesurer que l’universalité n’est pas la simple extension au monde entier des us et coutumes du Vieux Continent, ces us et coutumes fussent-ils chrétiens.

Nos étonnements d’Européens sont alors révélateurs de ce que certaines Églises d’autres continents pouvaient éprouver en entendant et regardant des papes qui, jusqu’en 2013, furent tous européens.

Avec François, l’acculturation et la catholicité prennent consistance, s’inscrivent dans le réel : il ne s’agit plus seulement d’adapter des modalités européennes de vie à d’autres contextes culturels, il s’agit de percevoir que l’Évangile n’est pas une possession européenne que nous devrions transmettre à d’autres, il s’agit de recevoir, à notre tour, ce que d’autres peuples vivent d’un Évangile qui leur est directement adressé, l’Esprit saint pouvant leur parler sans passer par notre truchement. Encore faut-il pour cela que, catholiques, tant fidèles que pasteurs, y compris prélats, comprennent que le modèle romain, si juste est-il, n’est pas la totalité de l’Évangile, en tout cas n’en est pas le mètre-étalon. Assurer la communion, ce n’est pas en être le seul déterminant.

Mgr Pascal Wintzer
Archevêque de Poitiers

Un lecteur nous fait parvenir ses quelques réflexions que lui inspirent cette tribune :

– « Nous étions habitués » dites-vous… « depuis deux mille ans, à entendre des papes de plain-pied avec la culture européenne ». Voici donc une première révélation : Saint Pierre, pêcheur juif, était européen, bien des siècles avant que l’idée même d’Europe ne commence à émerger dans les consciences ! Par ailleurs, je n’ose imaginer que c’est par préjugé que vous ne citez pas les trois papes berbères (Victor Ier, Miltiade et Gélase) qui ont régné sur l’Eglise catholique.

– A vous en croire, un homme se définirait exclusivement par son origine géographique ; la fraîcheur déroutante de notre pontife tiendrait à sa seule nationalité argentine. N’êtes-vous pas bien barrésien à définir ainsi la foi et l’âme d’un homme par son seul passeport ? Le pape François n’est-il pas culturellement bien plus proche des archétypes européens que ne le sont bien des prélats moins « ébouriffés » (l’on pense au Cardinal Sarah, au Cardinal Zen ou à Monseigneur Schneider).

– Si notre pontife nous déroute – ou nous dévoie -, n’est-ce pas au contraire parce qu’il est trop « de la vieille Europe », de l’Europe de mai 1968, de l’Europe du cardinal Kasper, de l’Europe de La Croix, de l’Europe de tout ce qui a échoué, de l’Europe des têtes grisonnantes, de l’Europe que l’on espérait ne plus jamais voir revenir ?

– Face à cette agitation, à ce risque de déroute (car qui dit dérouter dit déroute), ne vaut-il pas mieux écouter le sage conseil du rabbin Gamaliel (Actes des Apôtres, 5, 38-39 : « Et maintenant, je vous le dis, ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. »)

riposte-catholique.fr

500 ans de la Réforme Protestante

Comment Luther a vu la Sainte Église Romaine
(langage très choquant)

par John Lamont

John Lamont est un philosophe et théologien de Winnipeg, au Manitoba, qui a étudié avec les Dominicains à Ottawa et à Oxford sous la direction du professeur Richard Swinburne. Il est l’auteur du livre Divine Faith, et a écrit un certain nombre d’articles savants, dont certains peuvent être vus sur son site Web à acu-au.academia.edu/JohnLamont. Il vit actuellement en Australie avec sa femme et ses deux filles. Continuer la lecture de « 500 ans de la Réforme Protestante »

LA « LAUDATIO » EMPOISONNÉE DES THÉOLOGIENS ALLEMANDS

KATH.NET – « Ce qui semblait impossible il y a encore quelques années, est devenu aujourd’hui la réalité : des professeurs de théologie allemands ont publié une lettre de soutien au pape. Cette initiative est connu sous le nom “Pro Pope Francis”. Elle a été initiée par le professeur Paul Zulehner de Vienne et se veut une réplique à la publication de la “correctio” adressée au pape par divers prêtres et laïcs concernant des imprécisions constatées dans le document “Amoris Laetitiae”. Les signataires de “Pro Pope Francis” remercient le pape pour “son action courageuse et bien fondée sur le plan théologique”. Ils apprécient l’idée qu’auprès des fidèles le dernier mot ne soit pas légaliste, mais relève “d’une loi interprétée à l’aune de la miséricorde”.

En lisant ce document, l’étonnement grandit de phrase en phrase. Continuer la lecture de « LA « LAUDATIO » EMPOISONNÉE DES THÉOLOGIENS ALLEMANDS »