Ce fameux “rapport Kolvenbach”

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Les révélations fragmentaires de “Il Papa Dittatore” (1/12/2017) 

Ci-contre: le “pape noir” de 1983 à 2008, Hans-Peter Kolvenbach  

Nous parlons ici du rapport rédigé en 1991 par le Général des jésuites d’alors, à la demande de l’archevêque de Buenos Aires, dans le cadre d’une enquête de routine sur le père Bergoglio, – pourtant en disgrâce auprès de son ordre – avant de le nommer évêque auxiliaire.
Le 24 janvier 2016, le site <Rorate Caeli> posait la question UN JOB POUR UN VRAI JOURNALISTE: QUI PEUT TROUVER LE ‘RAPPORT KOLVENBACH’ SUR LE PÈRE BERGOGLIO? (ma traduction ici: benoit-et-moi.fr/2016).
Voici dans ma traduction le bref passage que le livre Il Papa Dittatore consacre aujourd’hui au mystérieux rapport; il a semble-t-il disparu des archives de la Compagnie de Jésus (ce n’est pas surprenant, car ce serait une véritable bombe!!), ce qui donne évidemment à toutes les révélations qui suivent un caractère inachevé, et rendra (trop!!) facile aux fansdu pape de les classer dans la catégorie “Fake news“. Ce que nous savons aujourd’hui du caractère et du mode de gouvernement du Pape François aura toutefois tendance à nous confirmer que ce n’est pas le cas..

Pour lire ce qui suit, il faut avoir en tête le parcours difficile dans son pays du jésuite Bergoglio, nommé à 36 ans supérieur de la province d’Argentine, puis tombé en disgrâce et exilé à Cordoba, avant d’être envoyé en Allemagne, puis de rentrer dans son Argentine pour y connaître une “traversée du désert” (cf. Trouble narcissique de la personnalité )

Extrait de “Il Papa dittarore”, ma traduction

* * *

En 1986, un nouveau provincial pour l’Argentine fut nommé (…) Bergoglio fut expédié en Allemagne, officiellement pour travailler à une thèse sur le philosophe catholique Romano Guardini, qui ne devait jamais être achevée. A la fin de l’année, il rentra en Argentine, sans se préoccuper d’obtenir l’autorisation, un acte pour lequel plus tard, le Général des Jésuites devait l’accuser de désobéissance. Pendant une brève période, il enseigna la théologie à Buenos Aires, mais c’était un homme mal vu des responsables de la province argentine; à partir de 1990, il fut confiné dans un obscur poste dans une ville de province.
En termes mondains, la carrière du père Bergoglio semblait terminée, et il passa deux ans d’authentique découragement; mais la Compagnie de Jésus et ses hommes de gauche ndt: [il faut se rappeler qu’à l’époque, Jorge Bergoglio était considéré comme conservateur, voire plus] ne constituaient pas toute l’Eglise. Bergoglio fut sauvé de son exil par le nouvel archevêque de Buenos Aires, le cardinal Quarracino, un ecclésiastique d’une école différente. Comme Bergoglio, Quarracino était un homme du peuple. Partisan de Jean-Paul II, il avait certainement dû accueillir favorablement l’action du Pape en 1981, quand dans une intervention sans précédent, il avait déposé de Père Arrupe de son poste de Général des jésuites, et avait cherché à mener la Compagnie dans une direction moins destructrice. Le nouveau Général, élu en 1983, était le père Peter Kolvenback, lequel changea peu la ligne de la Compagnie.
En 1991, le cardinal Qarracino proposa de nommer le père Bergoglio évêque auxiliaire de Buenos Aires, et il faut comprendre à quel point cette proposition était exceptionnelle. Traditionnellement, les jésuitesne sont pas autorisés à accepter des charges épiscopales, et sauf dans une optique missionnaire, on n’avait quasiquement jamais vu un évêque jésuite dans la hiérarchie latino-américaine; mais grâce à cette promotion, Bergoglio devait se libérer de la structure de commandement des jésuites, et faire son entrée dans un monde où sa ligne religieuse serait davantage partagée.

Dès lors que le père Bergoglio, en tant que jésuite, avait besoin d’une dispense pour sa nomination, il était nécessaire d’obtenir un rapport de son ordre, auquel le cardinal Quarracino s’adressa en 1991. Il fut procuré par le Général des jésuites, et constitue l’étude la plus critique de la personnalité de Jorge Bergoglio jamais rédisée avant son élection comme Pape. Le texte du rapport n’a jamais été rendu public, mais le compte-rendu qui suit est dû à un prêtre qui y a eu accès avant qu’il ne disparaisse de l’archive des jésuites: le père Kolvenbach accusait Bergoglio d’une série de défauts, allant de l’usage habituel d’un langage vulgaire à la duplicité, à la désobéissance, dissimulée sous un masque d’humilité, et au manque d’équilibre psychologique; dans l’optique d’un adéquation au poste futur d’évêque, le rapport soulignait que comme Provincial, c’était quelqu’un qui avait porté la division dans son ordre. Il n’est pas surprenant qu’une fois élu Pape, François se soit efforcé de mettre la main sur les exemplaires existants du document, et que l’original, déposé dans les archives officielles à Rome, ait disparu.

En ce qui concerne l’objectivité du rapport, il nous faut admettre l’hostilité des jésuites alors aux commandes en Argentine, mais en réalité, Bergoglio l’avait exagérée, de manière à apparaître au Cardinal Bergoglio comme un martyr. (le phénomène que le père Kovenbach pourrait avoir eu à l’esprit quand il avait parlé de désobéissance sous le maque de l’humilité).
Même avec toute l’indulgence dûe, le rapport de Kovenbach pouvait difficilement être lu comme la description d’un religieux modèle faite par un supérieur.
Mais le cardinal Quarracino voulait absolument que Bergoglio devînt évêque, et bien que cela requît une audience spéciale avec Jean-Paul II, il atteignit son but. En 1992, Bergoglio fut ponctuellement nommé évêque auxilliaire, l’un des nombreux de Buenos Aires. Dans ce rôle, il suivit la ligne de son archevêque, considéré comme la droite de l’Eglise, dans le style populiste de Jean-Paul II. La nouvelle carrière dans la hiérarchie, que l’intervention de Quarracino lui avait ouverte toute grande, n’était pas loin de progrès ultérieurs. En 1997, l’évêque Bergoglio se vit reconnaître le droit de succession, et l’année suivante, à la mort du cardinal Quarrancino, il devint archevêque de Buenos Aires; sa nomination fut alors bien accueillie par les conservateurs. En 2001, il reçut de Jean-Paul II la barrette cardinalice.
Le cardinal Bergoglio devint ainsi le plus important homme d’Eglise d’Argentine, et les témoignages sur lui, sur la façon dont il était vu dans et hors de l’Eglise, ne manquent pas.

L’étude la plus pénétrante de sa personnalité est peut-être celle publiée par Omar Bello, “El verdadero Francisco” (le vrai François), publiée peu de mois après son élection comme Pape. Il convient de signaler que ce livre a disparu des librairies avec une rapidité surprenante, et est désormais introuvable, destin réservé à d’autres publications qui n’étaient pas favorables au Pape François.
Omar Bello (*) était un dirigeant de relations publiques, qui en 2005 était chargé de lancer une nouvelle chaîne de télévision de l’Eglise que le président Manem avait concédée à l’archidiocèse de Buenos Aires. pendant plus de huit ans , il avait travaillé pour l’archevêque, et eu l’occasion de le connaître. En travaillant dans ce milieu, il put très vite découvrir dans le cardinal Bergoglio un expert dans l’autopromotion, camouflé derrière une image de simplicité et d’austérité (…)

benoit-et-moi.fr