Les questions pressantes de Marco Tosatti

En fait, c’est son invité récurrent, “Super Ex” qui les pose au Pape. Toutes concernent le réseau gay qui s’est infiltré dans le “cercle magique” entourant François. Hasard? (9/8/2018)

SUPER EX AU PAPE: LE CARDINAL FARRELL DOIT PARTIR. ET IL ÉNUMÈRE TOUTES LES VAGUES DE LA MARÉE LGBT CURIALE

www.marcotosatti.com
8 août 2018
Ma traduction

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Cher Tosatti,

Nous allons essayer d’imiter le quotidien Repubblica. Ce pourrait être une bonne façon d’être lu par Bergoglio, lecteur régulier du journal fondé par Eugenio Scalfari.

Il y a quelque temps, Repubblica aimait poser des questions, avec une certaine insistance, au Premier ministre Silvio Berlusconi, y compris sur sa vie personnelle, pas vraiment édifiante.
Les questions à poser à Bergoglio sont les suivantes: Kevin Joseph Farrell est-il vraiment un prêtre méritant la barrette cardinalice? Sommes-nous sûrs qu’il est la bonne personne pour occuper le poste de Préfet du nouveau Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie? Farrell est-il l’ecclésistique le plus indiqué pour s’exprimer sur des questions telles que l’affectivité, le mariage, la morale sexuelle?

Ces questions pourraient découler de la simple observation que le néocardinal, si bien vu pour son adhésion enthousiaste à Amoris laetitia, exprime souvent des concepts peu orthodoxes et contribue puissamment à imprimer un tournant pro-LGBT dans l’Église catholique.

Mais il y a bien plus. Il y a des faits réels, des faits angoissants dont les médias américains discutent depuis des jours, que le journaliste catholique Riccardo Cascioli a magistralement résumés (cf. Lobby gay: les contradictions du Vatican):

«Farrell a été en effet pendant six ans vicaire général de McCarrick à Washington, il a vécu à ses côtés quand le cardinal séduisait les séminaristes; et le même McCarrick a lancé Farrell dans la carrière ecclésiastique. Aujourd’hui, Farrell dit qu’il n’a jamais soupçonné quoi que ce soit et que personne ne lui a jamais parlé de plaintes ou de commérages autour de l’archevêque. Étant donné les dimensions des méfaits de McCarrick et les voix qui se sont succédées pendant des années, la version du Cardinal Farrell tient de l’incroyable. Il n’y a que deux possibilités: soit il ment sans vergogne en tant que complice de McCarrick, soit il est tellement déconnecté de la réalité qu’il ne remarque pas ce qui se passe devant ses yeux. Les deux hypothèses sont gravissimes, et à elles seules, elles conseilleraient la démission immédiate de la charge au Vatican, mais la coïncidence avec la Rencontre Mondiale des Familles, avec le virage gay qu’on veut lui donner, rend la position de Farrell encore plus insoutenable.»

Essayons de paraphraser: soit Farrell est un crétin (et alors pourquoi le nommer cardinal et lui confier des charges aussi importantes?), soit, au contraire, il a été nommé évêque et recommandé pour le chapeau de cardinal par un autre cardinal, le McCarrick, criminel proclamé, en raison d’une certaine communauté, sinon de vie, du moins d’idées (c’est ce que pensent la plupart des Américains, peu convaincus par les arguments de Farrell).

Penser mal, a dit quelqu’un, est un péché, mais souvent on s’y laisse prendre. Mais il est difficile de ne pas penser mal, alors que tous les indices mènent toujours au même point.

Certains se souviendront qu’il y a environ un an, au début de l’été, un monseigneur de la curie a été pris en flagrant délit lors d’une soirée gay à base de sexe et de drogue. C’était le secrétaire de l’un des cardinaux pro Bergoglio les plus influents, Francesco Coccopalmerio, à qui on avait récemment confié la rédaction d’un traité explicatif sur le chapitre VIII d’Amoris laetitia. Dans ce cas aussi, on a appris que le Coccopalmerio ne savait rien des goûts et des tendances de son secrétaire de confiance, connu et fréquenté depuis de nombreuses années, et recommandé pour la nomination comme évêque!

Fin de l’histoire? Non, malheureusement. Tous les lecteurs assidus de ce blog connaissent, au moins de nom, le Cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, grand électeur et conseiller de Bergoglio, en son temps fustigateur peu élégant et très sommaire des cardinaux signataires des Dubia (des gens, Dieu merci, jamais impliqués dans une quelconque sorte de scandale).

Lui aussi, voyez-vous cela, a choisi un second dont il ignorait les mauvaises habitudes, jusqu’à ce qu’elles sortent à la lumière du jour. Il y a quelques jours, en effet, Mgr Juan José Pineda, l’auxilliaire de Maradiaga, justement, dans le diocèse de Tegucigalpa, a démissionné. Les raisons à la base du départ de l’évêque auxiliaire sont liées à un “comportement inapproprié”, expression qui semble faire allusion à des abus sexuels sur les séminaristes.

Le tournant LGBT dans l’Eglise, voici une question précise pour Bergoglio, est-elle mené par des ecclésiastiques qui ont des problèmes avec VIème commandement, et surtout avec la pédophilie et l’homosexualité ?

Au risque de paraître ennuyeux, je voudrais mettre à la file trois autres anecdotes, au lecteur de juger de leur intérêt.

La première: Bergoglio, qui a nommé Farrell au Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, a choisi Mgr Vincenzo Paglia comme président de l’Académie Pontificale pour la Vie et Grand Chancelier de l’Institut Pontifical Jean Paul II. Paglia n’est pas seulement l’homme qui a exalté la profonde “religiosité” de Marco Pannella, mais aussi celui qui, en tant qu’évêque de Terni, a confié à l’artiste gay argentin Ricardo Cinalli la tâche de réaliser une fresque représentant une Résurrection dans laquelle le Christmonte au ciel en tirant derrière lui deux filets remplis de figures humaines nues ou à moitié nues, avec différentes figures d’homosexuels et de transsexuels.

Seconde anecdote, nous la tirons de Il Giornale du 25 juillet: «L’archevêque de Santiago a été inculpé par le procureur de la capitale chilienne pour ‘dissimulation de preuves’. Le cardinal Ricardo Ezzati Andrello (nommé cardinal par Bergoglio en 2014), en effet, n’a pas signalé aux autorités compétentes les abus sexuels commis par divers pasteurs de son diocèse. Le 21 août prochain, le prélat devra se présenter au tribunal pour être interrogé par les enquêteurs».

Troisième anecdote: il suffit d’un petit tour à Rome, aux bons endroits, pour entendre une voix de fond assez répandue, faisant allusion à un puissant lobby gay qui inclurait de nombreux personnages du cercle magique choisi par Bergoglio, dont Mgr Dario Edoardo Viganò, et, oyez oyez, le secrétaire personnel du pontife, Mgr Fabian Pedacchio!

Ce sont peut-être des voix infondées, reprises par des sites pas vraiment bienveillants avec le cours actuel du Vatican (…), mais le doute subsiste: le tournant pro LGBT dans l’Église semble indubitablement venir non pas tant d’une conversion théologique, assez difficile à soutenir à la lumière de la doctrine, que des vies très ambiguës de prélats qui ont fait une belle carrière, comme McCarrick, malgré les crimes commis, ou, comme Farrell, grâce à des recommandations et des protections qui rendent indéniablement suspects ceux qui en ont joui.

Il ne reste plus qu’à redemander à Bergoglio: Kevin Joseph Farrell est-il vraiment un prêtre digne de la barrette cardinalice? Sommes-nous sûrs qu’il est la bonne personne pour occuper le poste de Préfet du nouveau Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie? Farrell est-il l’ecclésistique le plus indiquer pour s’exprimer sur des questions telles que l’affectivité, le mariage, la morale sexuelle ?

benoit-et-moi.fr