L’héritage du communisme

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Aujourd’hui, c’est sur le Pape François que convergent les nostalgies et les espoirs de la funeste idéologie. Encore une superbe réflexion de Marcello Veneziani (9/11/2017)

 

LE COMMUNISME VIT SOUS FAUX NOM

Mais où convergent aujourd’hui les espoirs du communisme, les mythes de Gramsci, Berlinguer et Che Guevara? Ils convergent vers la figure du Pape Bergoglio, considéré comme une sorte de vengeur miséricordieux du communisme, … de champion des migrants, des pauvres, et comme démystificateur, sinon démolisseur de la tradition catholique. Lui, vu comme l’anti-Trump, l’anti-Curie, lui, le leader d’ONG.
 Il y a un jeu de mot pas forcément pertinent, avec “Dio c’è” – Dieu existe.

(…)
Comment rappeler le communisme aujourd’hui, cent ans après sa naissance, et à son crépuscule, outre quelques vestiges majeurs comme le communisme techno-capitaliste dans la version chinoise? A part la tragique comptabilité des victimes, quel est son bilan historique?
Quand le communisme arrive au pouvoir, et partout dans le monde, il échoue, il se fait appareil policier et régime répressif, partout il génère des victimes et des réfugiés: ceci signifie que le défaut n’est pas dans les réalisations individuelles ou dans les créateurs individuels, mais qu’il est précisément dans l’essence même du communisme.
Quel est alors le vice d’origine du communisme, qui l’a destiné à produire partout des catastrophes et des échecs atroces? C’est la prétention de changer la nature humaine, le monde, l’humanité, de sacrifier l’homme vrai à l’homme futur qui ne viendra pas. C’est l’opposition radicale entre la société imparfaite mais réelle dans laquelle nous vivons et la société parfaite de l’utopie communiste. C’est l’abolition du monde réel pour faire place au monde meilleur, au meilleur des mondes.
L’utopie et l’attente messianique de la révolution salvifique finies, reste un héritage du communisme: la prétention de corriger l’humanité s’est transformée en politiquement correct.
Du PC au PC, du Parti communiste au politiquement correct
. C’est le voyage retour du communisme, auquel j’ai consacré une grande partie de mon livre “Tramonti“, paru le mois dernier.
Après le communisme, on a vu émerger ce canon idéologique et éthique, ce code progressiste de l’hypocrisie qui correspond à une nouvelle lutte de classes, au goût de racisme: nous sommes les gardiens, les missionnaires et les porteurs du politiquement correct et quiconque ne s’aligne pas est hors de la modernité et de la démocratie, du progrès et du consensus civil, il mérite le mépris et l’exclusion.
Quiconque ne fait pas partie de la race éclairée du nouveau PC mérite l’infamie, doit être effacé ou diabolisé, et s’il accède au pouvoir, même démocratiquement, il doit être jugé et ensuite chassé.
C’est cela, l’héritage primaire du communisme, de la lutte des classes, de la guerre finale entre le monde meilleur et le monde réel.
Dans le politiquement correct se détache le thème de l’accueil. Le nouveau prolétariat, ce sont des migrants, les accueillir est la mission du communisme à venir. Ou, si vous préférez, du “catho-communisme” [ndt:cattocommunisto est le mot italien dont l’équivalent français serait “catho de gauche”].
Il faut abattre chaque frontière, extirper chaque lien territorial, ne poser de limite à aucun droit, ni à aucun désir. C’est le droit d’avoir des droits, séparés de tous les devoirs. La régurgitation de l’utopie piétine la réalité, la nature, les liens communautaires, l’appartenance à une civilisation, une nation, une ville.
Le communisme est mort mais son héritage est très lourd.

Mais où convergent aujourd’hui les espoirs du communisme, les mythes de Gramsci, Berlinguer (1922-1984, secrétaire du PCI de 1972 à sa morts) et Che Guevara? Ils convergent vers la figure du Pape Bergoglio, considéré comme une sorte de vengeur miséricordieux du communisme, de don Milani (cf. François aime les mauvais prêtres) parvenu au pontificat, de champion des migrants, des pauvres, et comme démystificateur, sinon démolisseur de la tradition catholique. Lui, vu comme l’anti-Trump, l’anti-Curie, lui, le leader d’ONG.
Sur Bergoglio convergent la sympathie des partisans du politiquement correct et des survivants du communisme, que ce soit les Eugenio Scalfari ou les Bertinotti (*). Athées oui, mais papistes….
Étonnantes volte-face de l’histoire.

 NDT

(*) Fausto Bertinotti, né le 22 mars 1940 à Milan, membre du Parti de la refondation communiste (PRC), figure de la gauche italienne et président de la Chambre des députés de 2006 à 2008 (wikipedia).
Invité à prendre la parole au meeting de C&L en août 2015, il s’est dit “conquis par le Pape François”.
En France, le Bertinotti qui me vient à l’esprit s’appelle Mélenchon…

benoit-et-moi.fr