Socci: De Sienne à New York (à travers Rome, Londres et Bruxelles) l’effondrement de la gauche – un choc historique

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« Libero Quotidiano »

SOURCE : Rorate Ceali

Au milieu des ruelles joyeuses et colorées de Sienne, en l’honneur du « Il Palio della Madonna di Provenzano » [ voir définition #1 à la fin ], et une semaine après le tsunami électoral, quelques grands bonnets et intellectuels gauchistes de la ville se promènent comme s’ils étaient perdus ; interrogés par les journaux nationaux, ils admettent qu’ils sont « sous le choc » et désorientés par l’effondrement de leur « souveraineté rouge » qui a duré 70 ans.

Même dans d’autres grandes villes Toscanes, le Parti Démocratique ( PD ) est devenu l’acronyme de « Perd De partout ». Et il ne peut même pas blâmer l’insaisissable Hacker Russe [ pirate informatique ] pour sa défaite à Massa, Pise et Sienne ( MPS ) après avoir perdu les autres villes Toscanes.

Les représentants de la gauche errent comme des fantômes dans les pages des journaux incapables de s’entendre [ avec ce qui s’est passé ]. Ils trouvent déroutant que les électeurs les aient « virés » — « les meilleurs », les plus civilisés, les plus éclairés — et, à leur place, qu’ils ont choisi les méchants — les barbares.

Donc, même s’ils se déchirent dans des combats internes, ils ne font aucune tentative d’autocritique ( même l’affaire « Monte dei Paschi » [ voir définition #2 à la fin ] — si vous les écoutez — était la faute des « autres » ).

La Toscane était le dernier « empire rouge » en Europe. Il s’est effondré à la suite du souffle d’air frais d’une population fatiguée d’une gauche qui a tout gâché et qui a oublié les besoins et les souffrances des gens ordinaires qui les ont finalement envoyer promener !

C’était un PC ( Parti Communiste ) qui s’était transformé en établissement « politiquement correct » et qui continuait à dominer le territoire Toscan avec son bloc étouffant de pouvoir. Mais dans son image publique, depuis des années, il avait remplacé son amour pour l’URSS et le « vrai socialisme » par une soumission psychologique et politique envers une Amérique irréelle : la Maison Blanche de Clinton et d’Obama, les marchés et la technocratie Européenne.

Aujourd’hui, dans les cercles « progressistes » de Sienne et de Pise à New York, passant par Rome, Londres, Paris, Berlin et Bruxelles, le même choc et la même confusion règnent.

Ils demandent tous : comment est-il possible que les barbares aient gagné ? Pourquoi les gens ont-ils choisi les « non-civilisés », par rapport à nous, qui sont — par définition — « la civilisation même » et la lumière du monde ?

Dans les riches penthouses de Manhattan — ceux immortalisés par Tom Wolfe comme le « chic radical », ils se demandent toujours pourquoi les Américains ont voté pour Trump le Monstre et comment il est encore incroyablement en selle ( soutenu par un consensus croissant ).

Dans les salons de thé de Londres, ils se demandent encore aujourd’hui comment, sur terre, il était possible que les « plèbes » Britanniques soient autorisées à gagner le Brexit.

Pendant ce temps, sur les terrasses Romaines, en état de choc après la dévastation du 4 mars, ils sont frappés d’horreur de voir Salvini, Le Barbare, qui a mis la main sur le gouvernement et le consensus croissant des Italiens.

Ces élites sont à peine capables de cacher leur mécontentement méprisant derrière leur perplexité. Ce n’est pas par hasard — après le Brexit et Trump — que certains de ceux-ci [ les éclairés ] ont même commencé à remettre en question le suffrage universel.

Incapables — du moins pour l’instant — d’imposer un gouvernement de l’élite qui abolit la démocratie ( même s’ils avaient déjà imposé des gouvernements technocratiques en Italie ou des gouvernements télécommandés par la Troïka ailleurs ), ils tentent de museler le Net qu’ils ne peuvent pas contrôler. Mais c’est précisément le Net qui a permis aux gens de franchir le mur de plomb des médias, toujours du côté de l’élite.

L’establishment a maintenant l’impression d’être assiégé par les populistes : à la Maison Blanche, il y a le Chef Mondial du populisme barbare. Au Kremlin, le visage oriental du populisme s’est imposé.

Puis ils voient toute l’Europe de l’Est immergée dans le populisme, y compris l’Autriche ( ils citent « les pays du Visegrad » ) avec le dégoût qu’ils devraient avoir — et qu’ils n’ont pas — envers certaines dictatures. En Grande-Bretagne, les populistes du Brexit ont gagné.

C’est comique de voir la Gauche Italienne s’accrochant désespérément à Macron et Merkel qui ne sont certainement pas de la Gauche. D’autant plus qu’en France, Macron, qui a gagné avec des pourcentages minoritaires, a de nombreux problèmes sérieux. Et en Allemagne, Merkel — qui boite déjà depuis les élections — est maintenant déstabilisée par les Bavarois de son parti, eux aussi populistes.

Au sein de l’Union Européenne — dernier bastion de l’élite — les soi-disant populistes ont le vent en poupe et, lors des élections Européennes du printemps prochain, ils visent la victoire.

Dans la narration prédominante des mass media d’aujourd’hui, vous devenez populistes si vous écoutez le peuple ( avec ses besoins ) plutôt que d’obéir à l’élite. La Gauche en Italie a dans son ADN l’habitude d’avilir et d’« étiqueter » ses adversaires : fascistes, racistes et populistes.

Comme le remarque Luca Ricolfi [ voir définition #3 à la fin ], ceux de la Gauche sont convaincus qu’ils « représentent la meilleure partie du pays, d’être supérieurs sur le plan éthique, culturel et politique » et « voient la partie adverse comme des barbares à éduquer ou à garder à la porte, sous-estimant même leurs bonnes raisons ».

Ils ne reconnaîtront jamais leurs erreurs. En Amérique comme en Italie, voyant qu’ils n’ont plus le peuple [ de leur côté ] et ayant vu l’inutilité de leur monopole des médias, ils espèrent un renversement du pouvoir causé par l’État Profond [ le Deep State ], le pouvoir judiciaire, la Banque Centrale Européenne, les marchés ou l’Union Européenne.

Pour qu’ils puissent ainsi s’octroyer une victoire hypothétique après avoir perdu sur le terrain.


  1. La Madonna di Provenzano , vénérée avec le titre de « Advocata nostra » est un buste en terre cuite représentant la Vierge , Patronne et Reine de la ville de Sienne

  2. Banca Monte dei Paschi di Siena ou BPMS (BIT : BMPS [archive]) est une banque italienne, la plus ancienne au monde encore en activité. Elle a été fondée comme mont de piété en 1472, à Sienne en Toscane (Italie), et a fonctionné sans interruption depuis cette date.

    La banque revient dans l’actualité, en janvier 2013, lorsque le journal Il Fatto quotidiano révèle7 que la justice enquête sur des maquillages financiers effectués par la banque. Les médias dévoilent alors que la banque a perdu 91 % de sa capitalisation boursière entre 2008 et 2013.

  3. Un sociologue et écrivain Italien.