Un ancien chef de banque du Vatican a mis en examen plus de 50 millions de dollars de pertes liées à des détournements de fonds

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Le siège de l’Institut des œuvres religieuses (IOR) de la banque du Vatican (GABRIEL BOUYS / AFP / Getty Images)

Le procès d’Angelo Caloia et de son avocat, Gabriele Liuzzo, commence le 15 mars

Les procureurs du Vatican ont inculpé l’ancien président de la banque du Vatican et son avocat pour détournement de fonds publics, les tenant responsables des pertes de plus de 50 millions d’euros (62 millions de dollars) provenant des ventes immobilières.

Le procès d’Angelo Caloia et de son avocat, Gabriele Liuzzo, commence le 15 mars. Un troisième suspect est décédé pendant l’enquête.

L’Institut des Œuvres Religieuses a déclaré vendredi dernier que Caloia et son avocat avaient été accusés de détournement de fonds et de blanchiment de soi entre 2001 et 2008, lorsque la banque a disposé « d’une partie considérable de ses actifs immobiliers ».

L’escroquerie aurait impliqué des suspects vendant des biens immobiliers appartenant au Vatican à des prix inférieurs à des sociétés offshore qui revendaient ensuite les immeubles au prix du marché, les suspects tirant profit de la différence, selon une personne proche de l’enquête.

L’IOR, comme la banque est connue, joint une affaire civile à côté du procès criminel pour essayer de récupérer certaines des pertes.

Le Vatican a annoncé l’enquête criminelle sur Caloia, le président de l’IOR de 1989 à 2009, l’avocat Liuzzo et le défunt directeur général de la banque, Lelio Scaletti, en 2014, après que des responsables bancaires eurent découvert des irrégularités dans les comptes et opérations d’IOR.

Les suspects ont nié les actes répréhensibles.

C’est la dernière tentative de l’IOR pour essayer de récupérer l’argent qu’il prétend avoir perdu en raison des crimes ou des décisions ratées de ses anciens dirigeants.

Le mois dernier, le tribunal civil du Vatican a trouvé deux autres anciens dirigeants de la banque, Paolo Cipriani et Massimo Tulli, responsables de la mauvaise gestion de mauvais investissements pendant leur mandat et leur a ordonné de rembourser l’institution. Les deux ont démissionné de la banque en 2013.

L’IOR a entamé une vaste refonte interne et une réforme de ses opérations dans le cadre d’un processus lancé par le pape Benoît XVI pour assainir sa réputation de paradis fiscal off-shore en proie aux scandales.