Invaincu, le Cardinal Zen fustige le Vatican

par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Centre de Fatima

Dans un billet du 5 février, publié en français par Sandro Magister, le Cardinal Zen lance par la fenêtre une fausse prudence ( c’est-à-dire une timidité servile ) et dit la vérité sur l’imminence de la capitulation des Catholiques de Chine à leurs chefs suprêmes Communistes.

Comme il le dit : « Certaines personnes qui me veulent du bien m’ont conseillé de prier plus et de parler moins. Il est juste de prier plus, parce que le Seigneur est notre espérance et que nous avons confiance en l’intercession de la Vierge Marie, la Mère de Dieu. On m’a probablement conseillé cela par peur qu’en parlant trop, je risque d’être plus facilement attaqué. Mais je n’ai pas peur, pour autant que mes paroles soient justes et utiles. À mon âge, peu m’importe de gagner ou de perdre ».

Si seulement les autres Princes de l’Église étaient aussi indifférents à leurs gains ou à leurs pertes rendus à ces âges avancés. Pourtant, à un homme, ils refusent de parler franchement du cours désastreux de ce pontificat -—dirons-nous, unique?

Mais le Cardinal Zen ne peut rester silencieux en voyant que « le Vatican est sur le point de se rendre au parti communiste Chinois » et que « les évêques illégitimes et excommuniés seront légitimés tandis que ceux qui sont légitimes seront contraints à se retirer ».

Il écrit : « Combien de nuits de souffrance les prêtres et les laïcs endureront-ils à la pensée de devoir s’incliner et d’obéir à ces évêques qui sont aujourd’hui illégitimes et excommuniés mais qui demain seront légitimés par le Saint-Siège, avec l’appui du gouvernement ? »

Confiant que la trahison des Catholiques Chinois entre les mains du régime de Pékin est maintenant presque irréversible, le régime, a noté le Cardinal, a déclaré que « le 1er février, des nouvelles règles gouvernementales sur l’activité religieuse sont entrées en vigueur selon lesquelles les prêtres clandestins de Shanghai ont demandé à leurs fidèles de ne plus se rendre à leurs messes sous peine d’être arrêtés s’ils persistaient à le faire ! »

S’adressant directement au Secrétaire d’État, le Cardinal Parolin, le Cardinal Zen se moque de sa déclaration selon laquelle « nous connaissons les souffrances endurées hier et aujourd’hui par les frères et sœurs Chinois ». À quoi le Cardinal Zen répond : « Mais cet homme de peu de foi sait-il ce qu’est une véritable souffrance ? Les frères et les sœurs du continent Chinois n’ont pas peur d’être réduits à la pauvreté, d’être mis en prison, de verser leur sang, leur plus grande souffrance est de constater qu’ils sont trahis par les « membres de leur famille » ».

Le Cardinal Zen cite un des exemples désormais innombrables de déclarations trompeuses du Vatican à l’époque post-conciliaire : la citation tronquée du Cardinal Parolin dans la lettre de Benoît XVI sur la situation de l’Église en Chine. Parolin cite seulement la phrase : « La solution des problèmes existants ne peut être recherchée à travers un conflit permanent avec les Autorités civiles légitimes « tout en dissimulant le fait que la lettre poursuit immédiatement en affirmant que « dans le même temps, une complaisance envers ces mêmes Autorités n’est cependant pas acceptable quand ces dernières interfèrent de manière indue dans des matières qui concernent la Foi et la discipline de l’Église ».

Mais l’interférence dans la foi et la discipline de l’Église est précisément ce que réclament les gangsters communistes de Pékin, et c’est précisément ce à quoi le Vatican du Pape François a consenti. Les Catholiques « clandestins» fidèles seront forcés dans la CPA schismatique sous menace d’arrestation. Et le régime de Pékin choisira les noms des futurs candidats à l’épiscopat Chinois à travers le faux « Conseil des Évêques « qui n’est rien d’autre que ( pour citer Magister ) « une conférence épiscopale d’imitation sous le contrôle strict du régime, dont sont exclus tous Évêques qui sont reconnus par Rome mais pas par les autorités Chinoises ».

Le Cardinal Zen cite la tentative ridicule de justifier la trahison par une source du Vatican ( citée dans le New York Times ) qui déclare que « nous sommes comme des oiseaux en cage mais que la cage pourrait s’agrandir, nous tentons donc d’obtenir le plus grand espace possible ».

A quoi le Cardinal répond : « Mais le véritable problème n’est pas la taille de la cage mais la question de savoir qui se trouve à l’intérieur. Les croyants clandestins ne sont pas à l’intérieur de cette cage. Mais aujourd’hui vous voulez les forcer eux aussi à y entrer pour que eux aussi soient « réconciliés » avec ceux qui sont déjà à l’intérieur ! Certes, il y a dans cette cage des personnes qui y ont été contraintes mais également des personnes serviles et assoiffées de pouvoir qui s’y complaisent ».

Et puis le Cardinal révèle un autre exemple de François lui disant ce qu’il voulait entendre, suivi par des actions exactement à l’opposé :

«Puisque j’ai choisi de privilégier la vérité et la justice (tout ce que je dis part du principe qu’il faut protéger la réputation du pape et afficher clairement la doctrine de l’Église), je n’ai pas de problème pour dire que j’ai fait part de mes opinions sur le « dialogue » au Pape François quand il m’a reçu en audience privée il y a trois ans. Le pape m’a écouté attentivement pendant quarante minutes sans m’interrompre. Au moment où je lui dit que, objectivement parlant, l’Église officielle du continent chinois était schismatique (en tant qu’administration autonome indépendante du Saint-Siège mais dépendant du gouvernement), le Pape m’a répondu « Bien sûr! » ».

Mais le même Pape qui reconnaît que l’Église « officielle » en Chine est schismatique est maintenant prêt à approuver la condamnation officielle de ce schisme par l’Église sous le prétexte d’une « réconciliation » des Catholiques Chinois entre eux. Une « réconciliation » présidée et minutieusement contrôlée par les dictateurs Communistes, y compris les caméras de surveillance du gouvernement dans les églises « officielles ».

Cent ans après les Apparitions de Notre-Dame de Fatima, les erreurs de la Russie continuent de tourmenter le monde — avec l’approbation du Vatican en Chine. Telle est la crise sans précédent que la Vierge a annoncée, dont la résolution ne viendra que par les moyens qu’elle a prescrits par autorité divine : la Consécration de la Russie à son Cœur Immaculé.