George Weigel pige à moitié… Et c’est ça, le problème.

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par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Centre de Fatima

Ce n’est pas parce que le Pape François est anticapitaliste qui est un terrain sur lequel on pourrait s’attendre à ce que le National Review se dispute avec lui, mais parce qu’avec Amoris Laetitia, il mine manifestement l’enseignement constant de l’Église sur l’indissolubilité du Mariage et discipline Eucharistique connexe concernant les divorcés et prétendus « remariés ».

L’inquiétude des Catholiques à propos de ce pontificat se répand si profondément dans le « courant dominant » conservateur que même la revue National Review plutôt néoconservatrice ( autrefois décidément paléoconservatrice ) a rejoint les rangs des mécontents.

Un article du National Review intitulé « Francis Gets His Mess » [ « François l’a son pétrin » ] dédaigne à juste titre l’affirmation du Cardinal Pietro Parolin — le même Parolin qui élabore la trahison des Catholiques Chinois contre le régime maléfique de Pékin — qu’Amoris Laetitia représente « un changement de paradigme » dans l’Église. Citation du National Review :

« Les changements de paradigme impliquent une rupture. Les critiques d’[ Amoris Laetitia ] — ils incluent plusieurs Cardinaux et Évêques — disent que le Pape François a remis en question l’indissolubilité du Mariage. Ce serait certainement un changement de paradigme pour l’Église Catholique, étant donné les Paroles de Jésus sur le divorce dans la Bible. Comme l’a expliqué George Weigel, le problème pour les défenseurs de ce « changement », c’est que l’Église « ne fait pas de changement de paradigme » ; si c’était le cas, elle cesserait d’être l’Église Catholique. Cela ressemblerait davantage à l’Église Anglicane, pas étrangère à la rupture et aux nouvelles façons de penser ».

« La nouvelle ressemblance avec l’Anglicanisme n’est pas la vieille division de l’Église Haute et de la Basse en ce qui concerne la liturgie, bien que cela fasse certainement partie de l’expérience Catholique contemporaine ; on ne sait jamais très bien si le prêtre célébrera la Messe ou tentera une comédie de fin de soirée. La division vraiment aiguë, qui est pourquoi c’est si sérieux, c’est sur l’interprétation de la Doctrine de base. À Malte, par exemple, les règles autorisant ou limitant la Sainte Communion pour un couple dont les membres sont divorcés et remariés alors que le conjoint précédent est encore vivant seraient très différentes pour le même couple s’ils étaient à Portland, Oregon. Quelque chose est rompu dans l’Église Catholique aujourd’hui » dit Weigel.

Parlant de Weigel, il semble que même cet apologiste résolu pour le statu quo post-Vatican II des nouveautés ruineuses se réveille au péril de notre situation bien qu’il ne soit pas encore prêt à identifier la source ultime du problème. Dans l’article de First Things cité par le National Review, Weigel observe à juste titre que « l’Église Catholique ne fait pas de rupture : cela a été tenté il y a 500 ans, avec des résultats catastrophiques pour l’Unité Chrétienne et la cause du Christ. Il est donc regrettable que le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, ait récemment décrit Amoris Laetitia, l’Exhortation Apostolique du Pape François sur le Mariage et la Famille comme un « changement de paradigme ».

Weigel déplore qu’en effet, un « changement de paradigme » au sens d’une rupture avec l’enseignement et la discipline constants de l’Église « soit en cours … à Malte, en Allemagne et à San Diego » où les adultères publics sont admis à la Sainte Communion en vertu de la seule autorité d’Amoris Laetitia, alors que c’est « très différent de ce qui a été ordonné en Pologne, à Phoenix, à Philadelphie, à Portsmouth, en Angleterre et à Edmonton, Alberta » — à savoir, l’enseignement et la discipline constants de l’Église interdisant la Sainte Communion aux personnes adultères qui ont l’intention de continuer leurs relations adultères.

« À cause de cela », déplore Weigel — « l’Église Catholique commence à ressembler à la Communion Anglicane ( elle-même le produit d’un « changement de paradigme » traumatisant qui a coûté la tête à John Fisher et Thomas More ). Car dans la Communion Anglicane, ce qui est cru, célébré et pratiqué en Angleterre est très différent de ce qu’on croit, célèbre et pratique au Nigeria ou en Ouganda ».

Juste comme ça. Malheureusement, Weigel semble toujours être encombré par un engagement idéologique, emblématique du Catholicisme « conservateur » ( par opposition au « Traditionaliste » ), d’ignorer le rôle de la Papauté dans la crise ecclésiale actuelle. Selon lui, « le Pape lui-même a insisté sur le fait qu’Amoris Laetitia ne propose pas une rupture avec les Doctrines établies de l’Église sur l’indissolubilité du Mariage et la dignité de recevoir la Sainte Communion ».

George, George, George. Comment toi, l’homme, peut-il continuer à soutenir que le Pape François nie précisément ce qu’il préconise ouvertement depuis cinq ans : l’admission des adultères publics à la Sainte Communion ? Comment peut-il continuer à ignorer l’approbation explicite de François des directives d’Amoris Laetitia des Évêques de Buenos Aires, qui demandent l’admission des adultères publics à la Sainte Communion quand ce n’est « pas faisable » pour eux de pratiquer la continence ? Comment peut-il prétendre ne pas savoir que François a approuvé ces lignes directrices comme la seule interprétation correcte d’Amoris Laetitia dans un document où nul autre que Parolin, par l’autorité de François, déclare cette interprétation comme « Magistère Authentique » — une tentative flagrante de frauder l’Église ?

Weigel continue à observer les symptômes tout en ratant le diagnostic :

« Cette fragmentation n’est pas Catholique. Le Catholicisme signifie un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême et l’Unité est l’une des quatre marques distinctives de l’Église. Cette Unité signifie que l’Église incarne le principe de non-contradiction, de sorte qu’un péché grave du côté Polonais de l’Oder ne peut être une source de grâce du côté Allemand de la frontière. Quelque chose est rompu dans le Catholicisme aujourd’hui et il ne va pas être guéri par des appels à des changements de paradigme ».

Quelque chose est rompu en effet. Et je crois que Weigel sait que ce qui est rompu, c’est l’exercice du bureau Pétrinien par son détenteur actuel. Il lui appartient de dire publiquement ce qu’il doit savoir pour être vrai et pour lequel les Catholiques du monde entier ont déjà protesté publiquement. Avoir moitié raison dans ce cas n’est d’aucune aide à son lecteur, car cette demi-vérité cache toute la vérité sur « cette papauté désastreuse », tout comme un médecin qui donne à son patient une évaluation précise des symptômes tout en refusant de lui dire que l’origine est une tumeur au cerveau. Dans de telles circonstances, avoir moitié raison est pire que de ne rien dire du tout.