Bishop Barros – l’histoire jusqu’à présent

par – Catholic Herald

Voici ce que vous devez savoir sur l’affaire Bishop Barros

La nomination par le Pape François de l’évêque Juan Barros à la tête du petit diocèse d’Osorno au Chili a rencontré l’opposition lors de son annonce il y a trois ans et a contribué à une crise de crédibilité pour l’Eglise catholique chilienne depuis.

Mgr Barros était un protégé du père Fernando Karadima, un prêtre charismatique qui a été sanctionné par le Vatican en 2011 pour avoir abusé sexuellement de mineurs. Certaines des victimes allèguent que Barros a été témoin de l’agression, le plaçant sur les lieux lorsque le père Karadima a embrassé et caressé des mineurs. L’évêque Barros a nié connaître l’abus ou avoir couvert le père Karadima.

Le pape François a provoqué un tollé lors d’une visite au Chili en janvier, lorsqu’il a appelé les accusations contre la calomnie de Mgr Barros. « Le Pape a insisté sur le fait qu’il ne savait jamais que les victimes du père Karadima s’étaient présentées. L’Associated Press a rapporté lundi que le pape François avait reçu une lettre de huit pages en avril 2015 qui expliquait en détail pourquoi Juan Carlos Cruz, victime d’abus, pensait que Mgr Barros était inapte à diriger un diocèse.

Quelques dates clés dans l’affaire Barros:

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10 janvier 2015

Le Pape nomme Mgr Barros, alors évêque militaire du Chili, évêque d’Osorno, à l’encontre des objections de certains membres de la conférence des évêques chiliens. Ils étaient préoccupés par les retombées de l’affaire du père Karadima.

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31 janvier 2015

Le pape François a reconnu les préoccupations des évêques dans une lettre que l’AP a obtenue le mois dernier. La lettre révélait un plan visant à démissionner de l’évêque Barros et de deux autres évêques formés par le père Karadima et à prendre des congés sabbatiques d’un an, mais le pape François a écrit que cela se brisait parce que le nonce le révélait. Plus tard, le pape a reconnu qu’il avait lui-même bloqué le plan parce qu’il n’y avait pas de «preuve» que Mgr Barros était coupable de dissimulation.

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Février 2015

Cinquante législateurs et prêtres chiliens, diacres et plus de 1 000 laïcs du diocèse d’Osorno signent des pétitions contre la nomination de Mgr Barros et exhortent le pape François à le révoquer.

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3 février 2015

Juan Carlos Cruz écrit une lettre de huit pages à l’ambassadeur du Vatican à Santiago, Monseigneur Ivo Scapolo, accusant Mgr Barros d’avoir vu les abus sexuels qu’il a vécus et de ne rien faire pour l’arrêter. La lettre, qui, selon Cruz, devrait être considérée comme une plainte officielle, constituerait la base d’une lettre ultérieure au pape.

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21 mars 2015

La messe qui installe Barros en tant qu’évêque d’Osorno est marquée par de violentes protestations. Dix jours plus tard, le Vatican défend publiquement l’évêque Barros, disant qu’il « a soigneusement examiné la candidature du prélat et n’a pas trouvé de raisons objectives pour empêcher cette nomination ».

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12 avril 2015

Quatre membres de la Commission pontificale pour la protection des mineurs du pape se rendent à Rome pour rencontrer le cardinal Sean O’Malley, le principal conseiller du pape François, afin de s’inquiéter de l’aptitude de Barros à diriger un diocèse. Les commissaires citent le témoignage de la victime que Barros a vu et ignoré les abus. La députée Marie Collins remet la lettre de Cruz au cardinal O’Malley, qui dira à Collins et à Cruz qu’il l’a remise au pape et fait part de ses préoccupations.

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15 mai 2015

Le pape François est filmé sur la place Saint-Pierre en disant au porte-parole de la conférence des évêques chiliens que l’Église chilienne était devenue trop politisée et que l’opposition à l’évêque Barros venait des «gauchistes». Le pape François dit: «Osorno souffre, oui, de folie parce qu’ils n’ouvrent pas leur coeur à ce que Dieu dit et ils se laissent guider par le non-sens que tout le monde dit.  »

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15 janvier 2018

Le pape François arrive au Chili à des manifestations sans précédent pour une visite papale. Lors de ses premières déclarations publiques, il s’excuse des «dommages irréparables» subis par toutes les victimes d’abus sexuels. Il rencontre deux survivants et pleure avec eux.

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18 janvier 2018

En visitant la ville septentrionale d’Iquique, le pape François est interrogé par un journaliste chilien au sujet de l’évêque Barros: «Le jour où ils m’apporteront des preuves contre Mgr Barros, je parlerai. Il n’y a pas un seul élément de preuve contre lui. C’est toute la calomnie. Est-ce clair? »

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20 janvier 2018

Le cardinal O’Malley réprimande publiquement le pape, affirmant que ses paroles à Iquique « ont été une source de grande souffrance » pour les survivants des abus. « Les mots qui transmettent le message » si vous ne pouvez pas prouver vos prétentions alors vous ne serez pas crus « abandonnent ceux qui ont souffert des violations criminelles répréhensibles de leur dignité humaine et relèguent les survivants à l’exil discrédité », a déclaré le cardinal O’Malley.

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21 janvier 2018

Le pape François s’excuse partiellement, disant qu’il n’aurait pas dû utiliser le mot «preuve» mais plutôt «preuve». Lors d’une conférence de presse en vol, il répète que les accusations portées contre Mgr Barros sont «calomnieuses» et nie que des victimes aient été accusées Mgr Barros de couvrir le père Karadima. « Je suis convaincu qu’il est innocent. »

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5 février 2018

L’AP rapporte le contenu de la lettre de Cruz, qui contredit l’affirmation du Pape selon laquelle aucune victime ne se présente. Cruz a écrit: « Saint-Père, il est déjà assez pénible que nous ayons souffert d’une douleur et d’une angoisse si grandes de la violence sexuelle et psychologique, mais les terribles mauvais traitements que nous avons reçus de nos pasteurs sont presque pires. »