C’est la fin de la Parole comme nous la connaissons 

Mais, c’est arrivé avant …

Écrit par Hilary White
ex-correspondante à Rome
SOURCE : The Remnant

L’Église est au bord d’un schisme multilatéral mondial à la suite d’un Concile œcuménique controversé. Des factions de plus en plus controversées au sein de la hiérarchie, beaucoup influencées par des pouvoirs laïques corrompus et ambitieux, sont enfermées dans un état de conflit permanent et intraitable, qui porte à confusion et corrode la vie Catholique des fidèles ordinaires. Les hérésies multiples se multiplient et Rome semble dépourvue de force ou d’autorité pour les arrêter. 

Dans le même temps, le monde laïque est en plein désarroi avec le mécontentement et l’épuisement culturel dans chaque pays et les grandes puissances, émergeant de l’est, menacent le centre politique traditionnel qui semble vouloir rompre ou même mettre fin à un ordre mondial millénaire. Un grand nombre d’étrangers, dont beaucoup ont une religion étrangère violente et hostile, ont été autorisés à s’installer, mais pas à s’assimiler, et maintenant, de plus en plus, ils envahissent les terres Chrétiennes. Une toute nouvelle race de dirigeants opportunistes — une classe qui ne partage pas les valeurs culturelles de leurs sujets — entre dans le vide politique laissé par un siècle de guerre, de dépeuplement, de perte de confiance et de bouleversement social.

Au milieu de tout cela, un jeune homme, le fils de fonctionnaires à l’aise, est venu dans la grande ville pour commencer la deuxième moitié d’une éducation en politique et sa famille s’attend que ça le mène à une carrière dans la vie publique. Mais il a regardé les vies dissolues de ses camarades et de ses professeurs ainsi que la désintégration de l’ordre social dans la ville et, en bon Catholique élevé en provence et scolarisé chez lui, il se rend vite compte qu’il ne peut pas suivre ce chemin sans mettre en péril son âme immortelle.

Il est un oiseau plutôt rare en ces temps difficiles, ni couvé, ni rustre, mais un jeune homme intelligent, sérieux et pieux dont les sensibilités morales n’ont pas été émoussées par la vie en ville, mais qui ont été formés par un saint clergé qui vit près de sa petite ville natale, loin de cette vie urbaine corrompue.

Le moment crucial vient et le jeune homme prend la décision de partir lorsqu’un vrai schisme pontifical et authentique éclate devant ses yeux. Deux hommes différents, avec des caractères complètement opposés — et soutenus par deux groupes idéologiquement opposés — sont appelés Pape. L’un est considéré par beaucoup de fidèles comme un saint ou, au moins. comme le Pape légitimement élu, et l’autre comme un usurpateur, mis en place par un groupe d’hérétiques — soutenu par un pouvoir séculier étranger — résolus à corrompre la Doctrine Catholique et la destruction de l’Église telle qu’elle a été connue jusqu’à présent.

L’année est 498 après J-C, la ville est Rome et les deux hommes sont Saint Symmaque et l’Antipape Laurentius. Le jeune homme deviendra connu à l’histoire comme Saint Benoît de Nursie. Et les pronostiqueurs ont raison, c’était en effet la fin d’une ère.

Le cinquième siècle du Christianisme a été celui d’une grande confusion et de bouleversements. Il avait à peine commencé en 410, que Rome elle-même fut saccagée par les Goths — une calamité impensable qui ne s’était pas produite depuis 700 ans. Et ça a sonné le glas à l’Empire Romain d’Auguste. Trois fois supplémentaires, et avec une violence croissante, le vieux Caput Mundi [ capitale du monde, i.e. Rome ] sera envahi et humilié jusqu’à ce qu’il abandonne finalement le splendide vieux fantôme Impérial et soit gouverné par ses envahisseurs étrangers, devenant une simple ville de province dans le nouveau Royaume Ostrogothique de l’Italie.

Déjà l’Église, à peine passée sa période de persécution sanglante soutenue par l’État, faisait face à des schismes dévastateurs concernant la Doctrine essentielle. L’Arianisme n’était qu’une partie de tout le désordre, dérivé principalement des arguments sur la nature du Christ. Les hérésies christologiques — qui, jusqu’à nos jours, n’ont jamais complètement disparu — divisent et font voler en éclats la Chrétienté comme aucune autre crise avant elle ou depuis.

Le premier concile d’Ephèse en 431 avait jugé nécessaire de condamner l’Évêque Nestorius de Constantinople pour son rejet de la Doctrine de Theotokos — Marie en tant que Mère de Dieu — et cet anathème fut répété par les Évêques du Concile de Chalcédoine en 451. Nestorius a soutenu que les deux natures du Christ comprenaient deux personnes et que Marie était donc la mère de l’homme, le Christ, mais pas de Dieu. Éphèse déclara qu’il était « illicite pour un homme de présenter, d’écrire ou d’élaborer une Foi différente de celle établie par les Saints Pères assemblés sous le Saint-Esprit à Nicée ».

Mais pendant que Nestorius était destitué de son siège et que son hérésie était condamnée, ses partisans continuèrent. Lorsque les Chrétiens de l’Empire d’Orient ont compris ou toléré cette Doctrine, le schisme Nestorien a contribué à élargir la division entre les Églises de l’Ouest et de l’Est, ce qui a finalement abouti à une séparation qui n’a pas été résolue jusqu’à ce jour.

Et le Nestorianisme n’était qu’une parmi une multitude d’hérésies christologiques et de disputes de cette période. Le Nestorianisme, l’Eutychianisme, le Monophysisme, le Miaphysitisme ; Les Conciles Oecuméniques d’Ephèse et de Chalcédoine abordèrent ces noms à coucher dehors, mais ne purent arrêter leur expansion à l’Est, surtout en Syrie, et dans le grand rival de l’Empire Byzantin, la Perse, l’Égypte et l’Afrique du Nord.

Pendant ce temps, l’Arianisme et le semi-Arianisme continuaient à être une force unie au pouvoir politique des tribus et des royaumes barbares qui persécutaient les Évêques Catholiques et menaçaient l’unité de la Chrétienté. Les tensions se sont également poursuivies sur la manière dont l’Église devrait voir son autorité unificatrice, la primauté du Siège de Rome étant loin d’être décidée.

Dans le royaume séculier, l’Empire avait été irrémédiablement divisé par le transfert de la Capitale [Rome ] à la ville de Nova Roma — plus tard appelée Constantinople d’après le nom de son fondateur — et Rome elle-même tomba plus en déclin, séparée des grands mouvements religieux, politiques, économiques et de la vie intellectuelle.

Les tribus Germaniques du nord, dont beaucoup étaient Ariennes, ont commencé à conquérir et à envahir les provinces Occidentales de l’Empire en commençant par le nord et elles ont commencé à imposer leur propre système d’Évêques et de diocèses sur les anciens territoires Romains dont les habitants étaient des Catholiques Orthodoxes de croyance Nicéenne qui restait la religion d’État de tout l’Empire.

Le terme « invasions barbares » est tombé en désuétude avec les historiens contemporains, qui préfèrent maintenant l’expression plus douce « Période de Migration », mais il est difficile de voir quelle différence la terminologie aurait fait aux peuples de l’ancien Empire Occidental face aux rebelles Goths Ariens dans le nord et la violence jusqu’ici inconnue des Vandales du sud. Les invasions ont commencé sérieusement à l’hiver de 406 lorsque le Rhin a gelé et que les guerriers tribaux du nord ont renversé cette ancienne barrière pour attaquer leur ennemi affaibli et divisé.

Après le choc de 410, la ville est tombée à nouveau en 455 aux mains des Vandales et a vu un nouveau niveau de violence sans précédent. Trente-cinq ans auparavant, les Goths Ariens avaient au moins respecté le sanctuaire des églises de Rome — de nombreux Romains s’étaient réfugiés à Santa Maria Maggiore et dans les autres grandes basiliques. Les Vandales païens ne laissèrent rien d’autre que dévastation et ruine, prêtant leur nom à l’idée d’une destruction inutile et gratuite. En 476, c’était fini ; le dernier Empereur Occidental avait abdiqué et le royaume Ostrogothique — dirigé par Ravenne — était né. L’« Antiquité tardive » avait pris fin et est devenue le début du Moyen Âge.

La chute finale de Rome comme Capitale de l’ancien Empire a été un résultat qui a favorisé l’affaiblissement du Christianisme Latin Orthodoxe Nicéen, qui était la religion d’État Romaine et qui a plu aux divers Patriarches Orientaux qui considéraient l’Évêque de Rome comme fourrant son nez toujours partout et d’une présence provocante.

La distance grandissante entre le Christianisme Oriental et Occidental finit par éclater au déclenchement du Schisme Acacien en 484. Le Patriarche de Constantinople, avec la complicité de l’Empereur, tenta de réconcilier le monophysisme croissant et le miaphysisme des Chrétiens Égyptiens Orientaux avec les définitions christologiques de Chalcédoine en publiant un document qui proposait une définition ambiguë et imprécise de la nature du Christ comme un compromis.

Appelé le Henotikon [ 1 ] [ un Acte d’union ], le document a tenté d’apaiser les deux côtés en passant rapidement sur la question de savoir si le Christ avait une ou deux natures, tout en répétant les anathèmes et les condamnations de Chalcédoine et des écrivains Orthodoxes subséquents. Il a été écrit et approuvé par Acacius, le Patriarche de Constantinople [ 2 ] , et promulgué par l’Empereur sans que l’Évêque de Rome l’ait vu, ceci malgré que la population de Constantinople était pour la plupart des Chrétiens Chalcédoniens Orthodoxes.

Irrité de voir l’Empereur — un laïc — dictant la Doctrine Chrétienne, le document a été rejeté par le Patriarche d’Alexandrie, que l’Empereur Zénon a déposé et remplacé par un homme plus docile.

Pendant ce temps, le Pape Félix III, après avoir écrit au Patriarche et à l’Empereur pour leur rappeler leur devoir de défendre la Foi Orthodoxe, a fini par excommunier Acacius, qui mourut en 489, suivi par l’Empereur en 491. Le successeur de Zénon, Anastase Ier, favorable à l’Henotikon et au Monophysisme provoqua des tensions au sein de l’Empire d’Orient qui aboutirent à une tentative de coup d’État en 514.

Le schisme Acacien ne fut réglé qu’en 519 lorsque l’Empereur Justin I reconnut l’excommunication d’Acacius et que les Églises Orientales et Occidentales furent provisoirement réunies, ce qui laissa les anciens Patriarcats d’Alexandrie et d’Antioche fermement Miaphysistes, une rupture qui ne fut jamais guérie. [ 3 ] .

Le Pape Félix est mort en 492. Son successeur, le Pape Saint Gelasius [ 4 ], voulait confirmer la primauté du Siège Pétrinien et mettre un terme à toute ingérence dans la théologie par les Empereurs. Après la mort de Gelasius en 496, avec le schisme Acacien avec l’Est encore non résolu, l’Empereur Anastasius a tenté d’intervenir à nouveau en imposant son choix en tant que Pape en 498.

Laurentius était un antipape choisi pour succéder au Pape Anastase II par un Sénateur et ancien Consul de Rome qui avait promis à l’Empereur de trouver un homme qui accepterait le Henotikon et adopterait une attitude moins intransigeante et plus tolérante à l’hérésie monophysite, qui apaiserait les hérétiques et ainsi concilierait la division croissante entre Rome et les autres Patriarcats de Constantinople, d’Alexandrie et d’Antioche.

Le problème était bien sûr qu’à la suite des décrets de Gelasius, les Empereurs ne pouvaient rien dire en matière purement ecclésiastique, le clergé Romain qui était Chalcédonien Orthodoxe, n’avait pas ce problème. Le même jour, le 22 novembre, que Laurentius a été acclamé Pape dans l’église Maria Maggiore par les partisans de l’Empereur parmi les membres du clergé et du Sénat Romain, la majorité des membres du clergé Romain ont élu Symmaque, en bas de la rue dans la Basilique du Latran. Avec deux prétendants vivants pour le siège papal, l’Église se trouva dans la position extraordinaire d’avoir à faire appel au Roi Ostrogoth d’Italie à Ravenne — un Arien — pour l’arbitrage. Théodoric a choisi Symmaque et l’Église Catholique Latine a été sauvée par un cheveu de se réveiller un matin et gémissant à se retrouver monophysite et dirigée par l’Empereur Byzantin par le biais d’un pape marionnette.

Mais ce n’était pas la fin, et les partisans de Laurentius ( vraiment l’Empereur ) ont continué à s’agiter pour le retrait de Symmaque, ayant pour résultat des disputes qui ont duré jusqu’à 506 [ 5 ] . Finalement Symmaque a été confirmé comme le chef légitime de l’Église Catholique et a régné en tant que Pape jusqu’à 514. Un Synode tenu en 499 a décrété que tout prêtre devrait être déposé s’il tentait de gagner des votes en faisant campagne pour un successeur à la papauté pendant la vie d’un le Pape.

La résolution du schisme à Rome a permis à Symmaque de continuer à promouvoir le Christianisme Orthodoxe face au Schisme Acacien et a continué les efforts de Gelasius pour s’opposer aux Manichéens qui avaient commencé à croître en nombre parmi la population Chrétienne de Rome.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de tout cela ? Il est souvent entendu dans notre propre temps difficile que nous ne devrions pas nous inquiéter tant que ça. Nous avons tous entendu l’assurance condescendante, des réprimandes vraiment, de la part de gens qui souhaiteraient que nous arrêtions de faire tant d’histoires … « Les choses ont été mauvaises avant. Il y a eu de mauvais Papes, même des antipapes, et tout s’est finalement terminé. Il y a eu des hauts et des bas dans le monde laïc aussi et la vie a continué… »

Mais si nous regardons cette période — peut-être l’une des rares dans l’histoire Chrétienne qui soit comparable à la nôtre dans le grand nombre de mouvements parallèles, nous voyons que, bien qu’il soit vrai que l’Église et la vie plus ou moins régulière ont continué , les choses n’ont plus jamais été les mêmes. L’unité de la Chrétienté s’est terminée, et pour toujours [ 6 ]. Le Schisme Acacien, provoqué par les hérésies Nestoriennes, monophysites et miaphysites, a contribué à élargir le fossé entre l’Église Latine Occidentale et l’Église Orientale Byzantine dans un schisme final qui dure depuis un millénaire.

Et les vieilles hérésies ne meurent jamais ; elles mettent juste des pantalons à pattes d’éléphant, des t-shirts avec effigies et adoptent le jargon du socialisme à la mode. L’idée que Jésus était juste un homme gentil qui veut que vous soyez gentils avec les pauvres et les migrants en est une de celles qui a l’odeur de ces vieilles hérésies christologiques. Certes, nous avons vu que la faction Bergoglienne / Kaspérienne à Rome ne manifeste manifestement pas la christologie orthodoxe, Catholique et Chalcédonienne et n’a aucun scrupule à corriger le Fils de Dieu pour Son manque de « miséricorde ».

L’un de leurs subalternes n’allait-il pas jusqu’à suggérer, dans un Synode des Évêques de Rome et à la face du Pape, que c’était le Christ dont il fallait maintenant corriger la « dureté de cœur » ? « Pierre ne peut-il pas être plus miséricordieux, comme Moïse … » et permettre ou simplement faire un clin d’oeil au divorce ? Le silence des Successeurs des Apôtres dans l’aula [ salle ] ce matin-là à cet outrage sonnait aussi fort que les cloches de Saint-Pierre. Le Ciel doit sûrement l’avoir entendu.

Le principal point à retenir est que s’il est vrai que les « portes de l’enfer ne prévaudront pas » — c’est-à-dire que l’Église ne sera jamais complètement détruite — les choses que nous faisons ont des conséquences ; le mal que nous faisons est réel et durable. Les dommages qui peuvent être causés par une seule personne par des décisions et des actions concrètes dans un lieu et dans un temps réels dureront, peut-être pendant des milliers d’années, peut-être jusqu’à la fin des temps, si proche ou lointaine puisse-t-elle être.

Mais nous pouvons aussi regarder avec espoir le bien qui vient de tels maux. Si ces controverses n’avaient jamais surgi, l’Église n’aurait jamais entendu parler de Saint Gelasius ou des adversaires de Nestorius comme Saint Cyrille d’Alexandrie et Saint Jean Cassien. Sans quelque chose de mal à repousser, l’Église n’aurait peut-être pas été capable de parler si clairement, et ainsi à travers les siècles suivants, sur la nature de Dieu et nous ne L’aurions pas connu comme nous Le connaissons.

Dans Sa Volonté permissive, le Seigneur permet des erreurs pour une seule raison ; non pas pour égarer les hommes, mais leur donner une chance de définir et de déclarer la Vérité. Il permet des bouleversements et des difficultés non pas pour nous rendre misérables, mais pour « démontrer », pour nous affiner et nous sanctifier en nous donnant quelque chose contre quoi nous pouvons nous opposer.

Enfin, nous pouvons regarder la personne du jeune homme au début de l’histoire. Les académiciens croient que Benoît quitta Rome à ce moment, au beau milieu de tout ce bouleversement, abandonnant son éducation mondaine pour vivre dans une petite ville, probablement dans une petite communauté de laïcs pieux, pour renforcer sa vie de prière. De là, il devait se retirer encore plus loin, vivre dans une grotte du Monte Subiaco, se livrer entièrement à la prière et à la vie ascétique, en réalisant une union profonde et transformatrice avec le Christ.

Ce n’est qu’après sa purification et sa sanctification qu’il devint le grand saint que nous connaissons aujourd’hui, le Père du Monachisme Occidental et le Patron de l’Europe. La même Europe qui, sans le savoir à l’époque, était née à Rome, alors qu’il était un étudiant universitaire de 20 ans, transpercé, comme beaucoup d’entre nous aujourd’hui, avec l’horreur de tout cela.

Il convient de rappeler que la Règle, document qui a servi à la sanctification de milliers et de milliers de personnes à travers toutes les vicissitudes imaginables de la vie humaine, ne faisait pas une seule référence à ce qui se passait dans le monde au moment où elle a été écrite. Ces grands mouvements historiques mémorables dont le jeune Benoît a été témoin n’ont pas fait une seule différence par rapport à la tâche immédiate.

[1] Les parallèles entre le Hénoticon du 5 e siècle et le schisme Anglican des 16 ème siècle noté dans l’article Encyclopédie Catholique fascinent : « Ce fut un plaidoyer en faveur de la réunion sur une base de réticences et de compromis. Et sous cet aspect, ça suggère une comparaison significative avec un autre ensemble d’articles plus connus, composé près de onze siècles plus tard, lorsque les dirigeants du schisme Anglican entreprenaient un chemin prudent entre les extrêmes de l’enseignement Romain d’un côté et les négations Calvinistes et Luthériennes de l’autre ». Plus ca change …

[2] Compte tenu de notre situation actuelle, il pourrait être intéressant de noter un commentaire de l’auteur du même article sur le personnage d’Acacius. En tant que Patriarche de la Capitale Impériale de Constantinople, il avait une fonction qui, à une époque où la primauté papale n’était pas encore une Doctrine décidée, le mettait sur un pied d’influence égal au Pape. Acacius avait bénéficié de popularité avec sa personnalité gagnante et imposante en public. Mais ses défauts en tant que chef religieux sont devenus évidents avec son écrit et sa promotion de l’Henotikon — une nouvelle croyance, proposant essentiellement une nouvelle religion mais couchée dans des termes soigneusement ambigus — l’Amoris Laetitia de son temps. « On peut possiblement douter qu’Acacius, soit dans l’opposition orthodoxe actuelle, soit dans des tentatives de compromis peu orthodoxes, était quelqu’un de pas plus profond qu’un politicien cherchant à atteindre ses objectifs personnels . Des principes théologiques, il semble ne jamais avoir eu une compréhension cohérente. Il avait l’âme d’un joueur, et il jouait seulement pour obtenir de l’influence . L’article continue en disant que ce sont ses machinations sur ces définitions christologiques qui ont réussi à déposer un Empereur — un détenteur de la croyance Orthodoxe Chalcédonienne — et à le remplacer par Zénon. L’objectif d’Acacius semble avoir été d’utiliser la controverse pour exalter « l’autorité de son siège … en revendiquant pour lui une primauté de l’honneur et la juridiction sur tout l’Orient, qui émanciperait les Évêques de la capitale non seulement de toute responsabilité envers les sièges d’Alexandrie, d’Antioche, et de Jérusalem, mais aussi du Pontife Romain ».

[3] Ces Congrégations Orientales sont connues de nos jours comme l’Église Orthodoxe Orientale, y compris celle des Arméniens et des Coptes en Egypte et en Ethiopie.

[4] Gelasius vaut la peine d’être lu ; il fut le premier Pape à affirmer l’autorité Doctrinale sur l’ensemble de l’Église, Orientale et Occidentale, et le premier à insister pour que l’Empereur se plie aux Évêques en matière spirituelle. Il fut le premier à proposer la Doctrine des « deux épées », c’est-à-dire la séparation du pouvoir de l’État et du pouvoir de l’Église, le premier étant soumis au second. Cette idée devait former la base de la Doctrine Catholique sur les relations Église / État jusqu’à aujourd’hui. Ses lettres aux Patriarches Orientaux — dont plus de 40 sont connues — forment un traité sur la primauté de Rome.

[5] Laurentius finit ses jours étonnamment bien, se retirant dans le domaine privé du Sénateur Romain qui l’avait d’abord mis de l’avant, faisant pénitence jusqu’à sa mort.

[6] Il convient également d’examiner la myopie, l’incompétence grossière et l’idiotie malveillante des Généraux Romains et des Gouverneurs aux frontières Allemandes qui ont mal géré la crise des immigrés du 5 ème siècle pour en faire une invasion militaire qui a perdu à l’Empire ses terres occidentales pour toujours. La chute de Rome n’était pas inévitable.