Les 500 ans de la réforme – La franc maçonnerie

Le 12 novembre, Terre de missions reçoit le RP Jean-François Thomas, jésuite, pour évoquer la commémoration du cinquième centaine de la Réforme et les dangers d'un faux oecuménisme qui gommerait les erreurs de Luther. Puis l'abbé Hervé Benoît présente sa brochure sur la Franc-maçonnerie, brochure originale, en ce qu'elle se tient à égale distance d'une volonté obsessionnelle d'expliquer l'ensemble des événements du monde moderne par l'action de la franc-maçonnerie et d'un relativisme indifférent, voire complaisant. Enfin, Guy Barrey parle des nombreux pèlerinages de France, dont il a entamé une impressionnante recension dans son dernier livre - qui montre à quel point la France est bel et bien le "royaume de Marie", selon l'expression consacrée, et le royaume de nombreux autres saints!

Les perversions sexuelles de Martin Luther King évoquées dans les documents Kennedy déclassifiés

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On apprend une foule de choses en consultant les six cents nouveaux documents des archives nationales américaines – sur 2.800 – qui viennent d’être déclassifiées vendredi sur autorisation du président Trump. Sur la sexualité tordue du pasteur baptiste et icône de la cause des Afro-Américains Martin Luther King. Ou sur les motivations communistes de Harvey Lee Oswald, assassin en 1963 du président John Fitzgerald Kennedy qui envisageait d’envahir Cuba. De quoi amender quelques certitudes égalitaristes et tiers-mondistes. Continuer la lecture de « Les perversions sexuelles de Martin Luther King évoquées dans les documents Kennedy déclassifiés »

Que sont les catacombes ?

David Soanes/Shutterstock – Catacombes de Rome.

Mystérieuses et saisissantes, les catacombes intriguent et font frissonner. Leurs histoires se conjuguent avec le temps des martyrs et des premiers chrétiens. Mais pas seulement.

L’abbé Jean-Jacques Bourassé, un prêtre et archéologue tourangeau du XIXe siècle, disait des apôtres du christianisme qu’ils venaient « chercher asile dans les entrailles de la terre ». Ainsi au cœur des catacombes, les crypto-chrétiens des premiers siècles de notre ère pouvaient se réfugier, célébrer des messes et honorer leurs martyrs à l’abri des accusateurs et pourfendeurs du Dieu Trinitaire en particulier sous le règne de Dioclétien (284-305). Continuer la lecture de « Que sont les catacombes ? »

100 ans après la révolution bolchévique, les catholiques russes se souviennent de leurs «martyrs du goulag»

20170919T1429-11607-CNS-RUSSIA-ORTHODOX-MONASTICISM (1000x667)Lorsque le centenaire de la révolution bolchevique tombera début novembre, les communautés chrétiennes de l’ex-Union soviétique commémoreront les persécutions qu’elles ont déclenchées. Mais ils se souviendront aussi des méditations religieuses nées dans les prisons et les camps de travail, dont certaines méritent d’être classées parmi les meilleures de l’histoire chrétienne. Mgr. Igor Kovalevsky, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques de Russie, déclare :

“Les souffrances de l’ère soviétique ont affecté non seulement les églises, mais toute la société, y compris les athées”. “Les écrivains laïcs comme Alexandre Soljenitsyne et Nadhezda Mandelstam sont peut-être devenus les plus célèbres, mais les thèmes du témoignage et du martyre se retrouvent aussi dans la littérature du goulag et sont universellement reconnus et respectés.” Continuer la lecture de « 100 ans après la révolution bolchévique, les catholiques russes se souviennent de leurs «martyrs du goulag» »

Le sceau divin des apparitions de Fatima  : le miracle du soleil

Revenons sur l’événement unique. À partir du 13 juillet 1917, Lucie et Jacinthe avaient annoncé à leur entourage que la belle Dame leur avait promis un miracle pour le 13 octobre, à midi. Les deux cousines répétèrent maintes fois la même affirmation sans jamais varier, même sous les menaces et les persécutions que les incrédules leur infligèrent. Ces épreuves, rappelons-le, furent terrifiantes pour des enfants de dix, neuf et sept ans. Or, au jour dit, à l’heure dite, environ soixante-dix mille personnes furent témoins d’un miracle  : le soleil dansa, tournoya et sembla tomber sur la terre, ce qui ne s’était jamais vu depuis que le monde est monde.

Il s’agit du fait historique le plus considérable depuis la résurrection et l’ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Continuer la lecture de « Le sceau divin des apparitions de Fatima  : le miracle du soleil »

Luther, aujourd’hui

Luther, aujourd’hui

ou la protestantisation de l’Eglise. Le cardinal Müller (indirectement) et le P. Scalese, répondent au secrétaire de la CEI (25/10/2017)

 Humour…

Le montage ci-dessous est issu du blog cronicasdepapafrancisco.com . Je ne résiste pas à l’envie de le reproduire ici, mais je précise qu’y associer – au moins en intention – les deux auteurs (le cardinal et le prêtre barnabite) serait totalement déplacé, ce n’est en tout cas pas mon propos…
Aux côtés du Pape, on reconnaît ses inspirateurs et conseillers habituels, les cardinaux Marx et Kasper, le P. Spadaro, jésuite, directeur de la Civiltà cattolica et ghostwriter présumé de François, le P. Sosa, pittoresque général des Jésuites moustachu, aussi erratique dans sa doctrine que truculent dans sa dégaine, et Mgr Galantino, secrétaire de la CEI et représentant du Pape auprès des évêques italiens (rappelons que l’Evêque de Rome est aussi primat d’Italie) et accessoirement super-directeur de l’Avvenire.

Hier Martin Luther, 1483-1546. Aujourd’hui Jorge Bergoglio, François I depuis le 13 mars 2013, tous deux révolutionnaires contre l’Eglise catholique, et pas réformateurs

Ce sont les récents propos de Mgr Galantino, qualifiant la Réforme d'”événement de l’Esprit Saint” qui ont ranimé le débat… et mis le feu aux poudres. Mais ce n’est que le dernier épisode en date d’une longue suite, qui a culminé avec la visite du Pape le 31 octobre dernier à Lund, en Suède, pour célébrer avec ses amis luthériens le cinquième centenaire de la Réforme.

il est à la mode aujourd’hui de dire que “les intentions de Luther étaient bonnes et inspirées par l’Esprit Saint, mais ensuite les choses ont pris un chemin différent, également avec la complicité des fermetures de l’Église catholique”. À mon avis, il s’agit d’un procès d’intentions, pour lequel nous ne sommes pas habilités. C’est un procès d’intentions à la fois quand on prétend juger avec bienveillance les intentions de Luther et quand on se permet de juger négativement des intentions de l’Église catholique. Dans ce cas, nous devrions vraiment nous demander: “Qui sommes-nous pour juger”?
(…)
Je ne peux ignorer l’influence que les doctrines luthériennes ont eue sur le développement ultérieur de l’histoire de la pensée. Eh bien, les conséquences intellectuelles de la Réforme ont été dévastatrices non seulement pour la foi catholique, mais aussi pour la philosophie elle-même. Bien que ces doctrines aient leurs racines dans la scolastique décadente de la fin du Moyen Âge, il ne fait aucun doute que nous pouvons y trouver les origines du subjectivisme et du relativisme modernes.
(…)
Déclarer, comme quelqu’un l’a fait récemment, qu’il n’y a pratiquement plus de différences entre nous et les luthériens, ne peut signifier que deux choses: soit qu’ils sont redevenus catholiques – ce qui n’est pas le cas -, soit que les catholiques sont devenus protestants entre-temps. Ce qui, au moins pour certain, semble plus vraisemblable.(Père Scalese)

* * *
Les erreurs personnelles, les péchés des personnes de l’Église, ne doivent pas être confondus avec les erreurs dans la doctrine et dans les sacrements. Celui qui le fait croit que l’Église n’est qu’une organisation d’hommes et nie le principe selon lequel Jésus lui-même a fondé son Église et la protège dans la transmission de la foi et de la grâce dans les sacrements par l’Esprit Saint. Son Église n’est pas seulement une organisation humaine: c’est le corps du Christ, où il y a l’infaillibilité du Concile et du Pape, selon une modalité décrite avec précision. Tous les conciles parlent de l’infaillibilité du Magistère, dans la proposition de la foi catholique. Dans la confusion d’aujourd’hui, beaucoup de gens sont allés jusqu’à renverser la réalité: ils considèrent le pape infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand ensuite les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent qu’il est faillible.(Cardinal Müller)

La réflexion du Père Scalese

PROCÈS D’INTENTIONS

P. Giovanni Scalese CRSP
24 octobre 2017
querculanus.blogspot.fr
Ma traduction

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Des lecteurs m’ont demandé d’exprimer une opinion sur les récentes déclarations faites par Mgr Nunzio Galantino lors du Congrès, organisé par l’Université Pontificale du Latran à l’occasion du cinquième centenaire de la Réforme, intitulée “Passion pour Dieu” (18-19 octobre 2017). Dans son discours d’introduction à la troisième session de la Conférence (“La Spiritualité de la Réforme dans l’Action ecclésiale”), le Secrétaire de la CEI aurait soutenu (Je dis “aurait” parce que je n’ai pas trouvé le texte de l’intervention en ligne, mais seulement quelques compte-rendus) que “la Réforme initiée par Martin Luther il y a 500 ans était un événement de l’Esprit Saint”. Cette déclaration a naturellement suscité chez beaucoup une levée des bouclier. Pour être honnête, cela ne m’étonne pas plus que cela: c’est l’expression d’une tendance très répandue aujourd’hui dans l’Église. Je n’ai donc pas envie de tomber sur Mgr Galantino: il n’est que le porte-parole d’un sentiment beaucoup plus large.

Il me semble totalement inutile de répéter ici ce qui a déjà été dit par d’autres; je n’ai pas non plus envie de m’engager dans un discours théologique pour montrer que Luther était un hérétique, non seulement parce que ce ne sont pas des choses à traiter dans un blog, mais surtout parce que personne ne m’a constitué juge de l’orthodoxie ou de l’hérésie de quiconque. Il me suffit de savoir que Luther a été condamné par l’Église comme hérétique. Et je fais confiance à l’Église. Même celle d’il y a cinq cents ans. Pour moi, Luther n’est ni un diable ni un saint; il n’est qu’un pauvre pécheur, quelqu’un qui a besoin – comme tout le monde – de la miséricorde de Dieu. Je préfère donc jeter quelques réflexions telle qu’elles me viennent, sans prétention de systématicité et d’exhaustivité, dans l’esprit de ce blog.

Comme le faisait remarquer à juste titre Stefano Fontana sur La Nuova Bussola, il est à la mode aujourd’hui de dire que “les intentions de Luther étaient bonnes et inspirées par l’Esprit Saint, mais ensuite les choses ont pris un chemin différent, également avec la complicité des fermetures de l’Église catholique“.
À mon avis, il s’agit d’un procès d’intentions, pour lequel nous ne sommes pas habilités. C’est un procès d’intentions à la fois quand on prétend juger avec bienveillance les intentions de Luther et quand on se permet de juger négativement des intentions de l’Église catholique. Dans ce cas, nous devrions vraiment nous demander: “Qui sommes-nous pour juger”?

C’est peut-être de ma part une déformation professionnelle, mais je pense que la seule attitude légitime, dans ce cas comme dans beaucoup d’autres, est celle de l’historien: l’historien n’est pas appelé à exprimer des jugements de valeur, mais des jugements historiques; il n’est pas autorisé à juger les intentions des gens, mais à considérer les faits dans leur objectivité et à les relier entre eux selon des rapports de cause à effet. Je pense que c’est ce que devrait être notre attitude vis-à-vis de la Réforme.

Que l’Église du XVIe siècle (tout comme celle d’aujourd’hui, d’ailleurs) eût besoin d’être réformée, c’est un fait. Que Luther et les autres réformateurs aient vraiment réformé l’Église, c’est une affirmation sur laquelle il est légitime de soulever quelques doutes. Quel a été le résultat de la Réforme? La division de l’Église. Peut-on considérer cela comme une véritable réforme de l’Église? Je ne dirais pas cela. Personnellement, je trouve beaucoup plus “réformateurs” les innombrables saints qui ont peuplé l’Église du XVIe siècle, non seulement après le Concile de Trente, mais aussi et surtout avant et pendant la Réforme protestante, autrement dit les représentants de ce phénomène encore insuffisamment valorisé, qui est la “Réforme catholique”.

A cet égard, je voudrais rappeler ici le jugement du Cardinal Joseph Ratzinger le 28 mai 1997, à l’occasion de la célébration du centenaire de la canonisation de saint Antoine Marie Zaccharie (1502-1539) [le fondateur de l’ordre des barnabites, ndt], l’un des plus grands représentants de la Réforme Catholique mentionnée plus haut:

Je dois dire que la figure de ce saint m’est chère parce qu’il est l’une des grandes personnalités de la Réforme Catholique du XVIe siècle, engagée dans le renouveau de la vie chrétienne à une époque de crise profonde dans le domaine de la foi et des moeurs. Sa vie coïncide avec une période turbulente où Luther, à sa manière, a tenté de réformer l’Église: une tentative qui, comme nous le savons tous, s’est terminée par la tragédie de la division du christianisme. Dans les problèmes de son temps et de sa vie personnelle, Luther avait découvert la figure de saint Paul et, avec l’intention de suivre le message de l’Apôtre, il commença son chemin. Malheureusement, il opposa Saint Paul à l’Église hiérarchique, la loi à l’Évangile et, de cette façon, même, en le redécouvrant, il le détacha de toute la vie de l’Église, du message de la Sainte Écriture.
Antoine Marie Zaccharie a lui aussi découvert saint Paul, il a voulu suivre son dynamisme évangélique et l’a vu dans la totalité du message divin, dans la communauté de la Sainte Église.
Il me semble que saint Antoine Marie Zaccharie est un homme et un saint d’une grande actualité, une figure œcuménique et missionnaire, qui nous invite à montrer et à vivre le message paulinien dans l’Église elle-même; il montre à nos frères séparés que saint Paul a sa vraie place dans l’Église catholique et qu’il n’est pas nécessaire d’opposer son message avec l’Église hiérarchique, mais qu’il y a dans l’Église catholique toute la place pour la liberté évangélique, pour le dynamisme missionnaire, pour la joie de l’Evangile. L’Église catholique n’est pas seulement une Église de la loi, elle doit aussi se manifester concrètement comme une Église de l’Évangile et de sa joie pour ouvrir les chemins de l’unité.

Sur la diffusion et le “succès” de la Réforme luthérienne aussi, il serait souhaitable de s’exprimer comme historiens plutôt que comme apologistes ou hagiographes. Au cours de son discours, Mgr Galantino a cité un texte de Luther, dans lequel le Réformateur affirme:

J’ai pris parti contre tous les papistes, je me suis constitué une implacable opposition au Pape et aux indulgences. Mais je n’ai pas fait appel à la force, à la persécution, à la rébellion. Je n’ai fait que répandre, prêcher, inculquer la parole de Dieu: je n’ai rien fait d’autre. Quand je dormais et que je buvais de la bière à Wittenberg, la parole de Dieu a opéré de telle sorte que la papauté est tombée, comme aucun prince ou empereur n’aurait pu la faire tomber. Je n’ai rien fait: la parole de Dieu a déterminé le succès de ma prédication.

Eh bien, personnellement, sur cette vision aussi j’ai aussi des doutes à exprimer. Je ne sais pas si le succès de la Réforme doit être vraiment atrribué à la parole de Dieu, et non pas plutôt aux princes allemands qui y ont adhéré pour des motifs plus politico-économiques que religieux (entraînant derrière eux leurs sujets respectifs, selon le principe qui devait par la suite être formulé dans la paix d’Augusta, cuius regio, eius religio – «À chaque région sa religion»)

Enfin, m’intéressant, en plus de l’histoire, aussi à la philosophie, je ne peux ignorer l’influence que les doctrines luthériennes ont eue sur le développement ultérieur de l’histoire de la pensée. Eh bien, les conséquences intellectuelles de la Réforme ont été dévastatrices non seulement pour la foi catholique, mais aussi pour la philosophie elle-même. Bien que ces doctrines aient leurs racines dans la scolastique décadente de la fin du Moyen Âge, il ne fait aucun doute que nous pouvons y trouver les origines du subjectivisme et du relativisme modernes.

Il me semble donc un peu risqué de prétendre que la Réforme a été un “événement de l’Esprit Saint”. Plutôt que de s’aventurer dans des relectures téméraires, je préférerais, du côté catholique, une attitude certes de grand respect envers les frères séparés, mais en même temps d’extrême clarté sur les différences qui nous divisent encore. Déclarer, comme quelqu’un (QUI?) l’a fait récemment, qu’il n’y a pratiquement plus de différences entre nous et les luthériens, ne peut signifier que deux choses: soit qu’ils sont redevenus catholiques – ce qui n’est pas le cas -, soit que les catholiques sont devenus protestants entre-temps. Ce qui, au moins pour certain, semble plus vraisemblable.

Une tribune du cardinal Müller

LA RÉFORME DE LUTHER FUT EN FAIT UNE RÉVOLUTION

Cardinal Gerhard L. Müller
24 octobre 2017
www.lanuovabq.it
Ma traduction

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Il y a aujourd’hui une grande confusion dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l’Église, ce ne fut absolument pas une réforme, mais une révolution, c’est-à-dire un changement total dans les fondements de la foi catholique. Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était seulement de lutter contre certains abus d’indulgences ou contre les péchés de l’Église de la Renaissance. Les abus et les mauvaises actions ont toujours existé dans l’Église, pas seulement à la Renaissance, et il y en a encore aujourd’hui. Nous sommes la sainte Église à cause de la Grâce de Dieu et des sacrements, mais tous les hommes de l’Église sont des pécheurs, tous ont besoin de pardon, de contrition et de pénitence.
Cette distinction est très importante. Et dans le livre écrit par Luther en 1520, “De captivitate Babylonica ecclesiae”, il est absolument clair que Luther a laissé derrière lui tous les principes de la foi catholique, des Saintes Écritures, de la Tradition apostolique, du Magistère du Pape et des Conciles, de l’épiscopat. En ce sens, il a bouleversé le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu’expliqué au Moyen Âge, au point de nier le sacrement comme signe efficace de la grâce qu’il contient; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective. Ici Luther a aboli cinq sacrements, il a aussi renié l’Eucharistie: le caractère sacrificiel du sacrement de l’Eucharistie, et la conversion réelle de la substance du pain et du vin en substance du corps et du sang de Jésus-Christ. Et encore: il a qualifié le sacrement de l’ordination épiscopale, le sacrement de l’ordination, d’invention du Pape – défini comme l’Antichrist – ne faisons pas partie de l’Église de Jésus-Christ. Nous disons au contraire que la hiérarchie sacramentelle, en communion avec le successeur de Pierre, est un élément essentiel de l’Église catholique, et pas seulement un principe d’une organisation humaine.

Pour cette raison, nous ne pouvons accepter que la réforme de Luther soit définie comme une réforme de l’Église au sens catholique. La réforme catholique est une réforme qui est un renouveau de foi vécue dans la grâce, dans le renouveau des moeurs, de l’éthique, un renouveau spirituel et moral des chrétiens; pas une nouvelle fondation, une nouvelle Église.
Il est donc inacceptable de dire que la réforme de Luther “fut un événement de l’Esprit Saint”. C’est le contraire, elle fut contre l’Esprit Saint. Parce que l’Esprit Saint aide l’Église à maintenir sa continuité à travers le Magistère de l’Église, surtout dans le service du ministère pétrinien: c’est sur Pierre seul que Jésus a fondé Son Église (Mt 16,18), qui est “l’Église du Dieu vivant, pilier et soutien de la vérité” (1 Tm 3,15). L’Esprit Saint ne se contredit pas lui-même.

On entend beaucoup de voix qui parlent avec trop enthousiasme de Luther, ne connaissant pas exactement sa théologie, sa controverse et les effets désastreux de ce mouvement qui a représenté la destruction de l’unité de millions de chrétiens avec l’Église catholique. Nous pouvons évaluer positivement sa bonne volonté, l’explication lucide des mystères de la foi commune, mais pas ses déclarations contre la foi catholique, surtout en ce qui concerne les sacrements et la structure hiérarchique de l’Église.
Il n’est pas non plus correct de dire que Luther avait initialement de bonnes intentions, entendant par là que c’est l’attitude rigide de l’Église qui l’a poussé sur la mauvaise voie. Ce n’est pas vrai: Luther avait l’intention de lutter contre le commerce des indulgences, mais l’objectif n’était pas l’indulgence en tant que telle, maisen tant que partie du sacrement de pénitence.

Il n’est pas vrai non plus que l’Eglise a refusé le dialogue: Luther eut une première disputeavec Jean Eck, puis le Pape envoya le cardinal Gaetano comme légat pour dialoguer avec lui. On peut discuter sur les modalités, mais quand il s’agit de la substance de la doctrine, il faut affirmer que l’autorité de l’Église n’a pas commis d’erreurs. Sinon, il faut soutenir que l’Église a enseigné pendant mille ans des erreurs dans la foi, alors que nous savons – et c’est un élément essentiel de la doctrine – que l’Église ne peut pas commettre d’erreur dans la transmission du salut dans les sacrements.

Les erreurs personnelles, les péchés des personnes de l’Église, ne doivent pas être confondus avec les erreurs dans la doctrine et dans les sacrements. Quiconque fait ainsi croit que l’Église n’est qu’une organisation d’hommes et nie le principe selon lequel Jésus lui-même a fondé son Église et la protège dans la transmission de la foi et de la grâce dans les sacrements par l’Esprit Saint. Son Église n’est pas seulement une organisation humaine: c’est le corps du Christ, où il y a l’infaillibilité du Concile et du Pape, selon une modalité décrite avec précision. Tous les conciles parlent de l’infaillibilité du Magistère, dans la proposition de la foi catholique. Dans la confusion d’aujourd’hui, beaucoup de gens sont allés jusqu’à renverser la réalité: ils considèrent le pape infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand ensuite les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent qu’il est faillible.

Certes, 500 ans ont passé depuis lors, ce n’est plus le temps de la polémique, mais celui de la recherche de la réconciliation: mais pas au prix de la vérité. Il ne doit pas y avoir de confusion. Si d’un côté nous devons savoir accepter l’efficacité de l’Esprite Saint chez ces autres chrétiens non-catholiques qui ont de la bonne volonté, qui n’ont pas commis personnellement ce péché de séparation d’avec l’Église, de l’autre, nous ne pouvons pas changer l’histoire, ce qui s’est passé il y a 500 ans. Une chose est le désir d’avoir de bonnes relations avec les chrétiens non catholiques d’aujourd’hui, afin de nous rapprocher d’une pleine communion avec la hiérarchie catholique et aussi avec l’acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique; une autre chose est l’incompréhension ou la falsification de ce qui s’est passé il y a 500 ans et l’effet désastreux que cela a eu. Un effet contraire à la volonté de Dieu: “… Que tous soient une seule chose; de même que Toi, Père, es en moi et moi en toi, qu’ils soient aussi en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé” (Jean 17:21).

benoit-et-moi.fr

Martin Luther, le chant du coq de la modernité

Rédigé par Philippe Maxence le 12 octobre 2017 dans Religion

Martin Luther, le chant du coq de la modernité

Sous ce titre, les éditions de L’Homme Nouveau viennent de faire paraître un livre de Danilo Castellano qui, dans une approche novatrice, ausculte la Réforme protestante, principalement dans ses conséquences politiques et montre ainsi la place déterminante qu’occupe l’esprit protestant dans notre monde actuel.

Doyen émérite de la Faculté de droit de l’université d’Udine (Italie), membre correspondant de deux académies royales espagnoles, Danilo Castellano est un philosophe connu et reconnu aussi bien dans son propre pays que dans ceux de langue hispanique. Auteur de très nombreux ouvrages, son travail porte essentiellement sur la philosophie politique et le droit. À ce titre, il est aujourd’hui l’un des plus éminents représentants des défenseurs du droit naturel classique qu’il illustre de façon aussi originale qu’incisive. Continuer la lecture de « Martin Luther, le chant du coq de la modernité »

La propagation miraculeuse du christianisme

Me transportant par la pensée au temps où toutes les nations étaient idolâtres, je suppose qu’au moment où Jésus commence à parcourir la Judée pour y annoncer sa religion, il est rencontré par un philosophe très versé dans toutes les connaissances que le monde estime. Je suppose que ce philosophe demande à Jésus :

— Quel est votre dessein en parcourant ainsi les villes et les bourgs de la Judée pour enseigner au peuple une doctrine nouvelle ?

— Mon dessein, répond Jésus, est de réformer les mœurs de toute la terre, de changer la religion de tous les peuples, de détruire le culte des dieux qu’ils adorent, pour faire adorer le seul Dieu véritable, et quelque étonnante que paraisse mon entreprise, j’affirme qu’elle réussira. Continuer la lecture de « La propagation miraculeuse du christianisme »