Pour en finir avec Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche (1844-1900) est l’auteur de la « philosophie du Surhomme » qu’il a fondée toute entière sur une valeur dont il cherche le principe dans son propre « moi ».

Fils d’un Pasteur protestant, il passa sa jeunesse dans la pratique fidèle de sa religion ; mais, au moment de choisir sa carrière, il se détacha de toute croyance pour suivre l’attrait de sa puissante personnalité. Il étudia la philosophie qu’il professa brillamment à Bâle (1869-1879) ; heureux cependant, lorsque la maladie lui permit de se libérer de son enseignement pour se donner tout entier à sa « mission » philosophique. Luttant contre son mal avec une inépuisable énergie, il obtint quelques années de répit et écrivit une oeuvre considérable qu’une crise de folie interrompit en 1889 ; il ne retrouva plus la raison jusqu’à sa mort (1900). Continuer la lecture de « Pour en finir avec Friedrich Nietzsche »

Sur une éducation Illiberal

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Un éditorial du Wall Street Journal  (20 avril) a commenté la capitulation de Reed College aux étudiants «intimidateurs», comme il les appelait: «This (campus protest)) consiste à bloquer l’étude des textes de base de la civilisation occidentale. Ce Reed serait d’accord avec cela, et, surtout sous la pression politique, est une insulte à la signification d’un diplôme d’arts libéraux. “

La situation rappelle Allan Bloom, Walter Berns, et d’autres quittant Cornell dans les années 1960 pour les mêmes raisons – administration / faculté frivoles, étudiants intolérants. Continuer la lecture de « Sur une éducation Illiberal »

Crime et Châtiment de Dostoïevski : aux origines du Surhomme

Agir par delà bien et mal, telle est la maxime du Surhomme. Si Nietzsche a rendu célèbre ce concept en particulier dans Humain, trop humain (1878) et dans Ainsi parlait Zarathoustra (1883), Dostoïevski abordait déjà cette question dès 1866 dans Crime et Châtiment.

une représentation de Raskolnikov

une représentation de Raskolnikov

On associe souvent avec trop de hâte la notion de Surhomme à la philosophie nietzschéenne. Or, loin d’en être l’inventeur, Nietzsche est celui qui l’a popularisée. En effet, on trouve les premiers signes du Surhomme au commencement de la littérature romantique, notamment dans le Faust de Goethe : « L’Esprit : Tu aspirais si fortement vers moi ! / Tu voulais me voir et m’entendre. / Je cède au désir de ton cœur. / — Me voici ! Quel misérable effroi / Saisit ta nature surhumaine ! »

Mais c’est chez Dostoïevski, dont Nietzsche est un lecteur attentif, que l’on trouve thématisée le plus clairement la notion de Surhomme. Dans Crime et Châtiment, l’auteur russe met en scène le personnage de Raskolnikov, un ancien étudiant qui vit dans la solitude et la pauvreté. Raskolnikov assassine une vieille prêteuse sur gage pour lui voler son argent. La justification de son acte fait de Raskolnikov un Surhomme ou, du moins, un prétendant à la surhumanité. Continuer la lecture de « Crime et Châtiment de Dostoïevski : aux origines du Surhomme »

L’existentialisme chrétien de Kierkegaard : le christianisme contre la chrétienté

 La figure de Søren Kierkegaard est assurément paradoxale : le philosophe danois dit s’opposer à la chrétienté au nom du christianisme. Existerait-il un « christianisme anti-chrétien » ? Si la pensée de Kierkegaard semble être une énigme, la clef pour résoudre celle-ci doit être située dans la perception particulière de la foi que propose le philosophe — et dans son approche existentielle du christianisme.

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Georg Wilhelm Friedrich Hegel

La philosophie et la théologie de Søren Kierkegaard sont résolument antisystématiques. Contre les grands systèmes de pensée, dont l’éminent représentant, en ce début de XIXe siècle, est Georg Wilhelm Friedrich Hegel, et contre la prétention à découvrir une architecture théorique qui expliquerait le mouvement du monde et transcenderait les simples individus, Kierkegaard met au premier plan l’Individu, ou plutôt le Singulier, l’Unique (den Enkelte), c’est-à-dire la personne concrète se plaçant dans un rapport personnel et intime avec l’absolu, consciente d’elle-même, de ses angoisses et de ses souffrances. Contre la conception d’une vérité générale, abstraite et universelle à laquelle tous les hommes peuvent aboutir par l’usage de la raison, le penseur existentialiste affirme que la vérité est une acquisition subjective, une réalité vécue. Elle est une vérité pour soi, une vérité ici et maintenant. Continuer la lecture de « L’existentialisme chrétien de Kierkegaard : le christianisme contre la chrétienté »